‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 153 sur 889 · RAR SA DEMANDE D'UNE CONVENTION · texte numérisé non relu

RAR SA DEMANDE D'UNE CONVENTION

de ses rivaux, il y Courut et emporta de haute lutte une promesse formelle. En vain, Cahors à l'appui de ses prétentions, organisa un pétitionnement des communes du Lot ! el envoya à Paris cinq députés porteurs d’un mémoire; Jeanbon, trouvant un de ces députés et ce mémoire chez Vergniaud, emporta l'écrit et riposta par un autre mémoire digne de l'avocat le plus retors ?. Avec l'appui de Romme, le mathématicien et futur conventionnel, membre du Comité, il déjoua un nouvel assaut des législateurs du Lot, renforcés de ceux de la Dordogne et du Lot-et-Garonne, départements limitrophes *, et il se cut décidément vainqueur. Mais son irritation contre les législateurs du Lot n’en fut pas moins extrême, il s'employa à la faire partager aux Monialbanais : « Je ne puis pas vous exprimer à quel point les Cadurciens portent leurs prétentions, et je vous exprimerai plus difficilement encore avec quelle indécence ils sont soutenus par loute la députation du département... Je ne crains pas de ‘vous avancer qu'il y a une ligue de leur part contre Montauban » ; dans une autre lettre, il disait des députés du département qu'on les pouvait « avec plus de vérité, appeler les députés de : la ville de Cahors » *. :

Il enveloppait dans le même ressentiment l'administration départementale, coupable elle aussi d’ayoir soutenu Cahors. Dans d’autres questions purement municipales, il retrouva l'hostilité de cette administration et conslata une fois de plus l’absurdité du système établi par la Constitution de 1791 : ne pouvoir rien faire «sans avoir l’attache du département et du district» *, être subordonné de la sorte à ses pires adversaires lui parut intolérable pour la commune de Montauban’,

1. F17 n°1693, Arch. Nat. La plupart des localités se prononcent pour Cahors.

2. Cahors avait déjà envoyé à Paris Ramel, curé de Saint-Barthélemy et frère du député à la Législative (F17 n°1693, Arch. Nat.). Le 28 mai, le Conseil général de la commune de Cahors envoie encore à ce propos, à Paris, son maire : le futur conventionnel Sallèles, et quatre autres députés (ibid.). Le « Mémoire, pour la ville de Cahors, concernant l'établissement des études majeures dans le département du Lot » (FT, n° 1693), réclame une compensation pour la cour des Aides transférée à Montauban, et l’Université réunie à celle de Toulouse en 1751; il exalte les souvenirs de cette Université, la vie peu coûteuse de Cahors, les revenus qui seraient assurés à l'institut, et dénonce l'indifférence des Montalbanais pour les études, la prépondérance dans Montauban de l'esprit mercantile que redoutaient Condorcet (voy. Guillaume, op. cit., p. 207) et le Comité d'instruction publique (Jeanbon à la municipalité, 3 avril). Les Observations sur un Memoire de la ville de Cahors, relativement à l'Institut qui doit être établi dans le departement du Lot » par Jeanbon (S. I. n. d. in-8 de 16 pages, collect. Em. Forestié), répondent que Montauban a perdu beaucoup plus que Cahors et par la Révolution, rappellent l’Académie protestante de Montauban, expliquent l'indifférence des Montalbanais pour tout travail intellectuel, par la défiance des pères de famille à l'égard d'un enseignement trop éloigné des vrais principes : philosophiques.

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