‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 177 sur 889 · Lettre du 14 octobre 1792 déjà citée · texte numérisé non relu

Lettre du 14 octobre 1792 déjà citée

5. « Sur l’éducation nationale », opinion de Jeanbon rédigée en décembre 1792 (Bibl nat., 14 p. in-8, Le*8, n° 2259, Guillaume, Procès verbaux du Gomité d’instruction publique de la Convention nationale, t. I, p. 272 sqq.).

lois ; cela peut être vrai, mais ce qui ne l’est pas moins, ce qui l’est peut-être davantage, c’est que ce sont les lois qui forment les mœurs... Vos lois doivent donc tout changer pour nous; et quand elles auront tout changé, il faudra bien.que nos idées et nos sentiments prennent la pente que vous aurez voulu leur donner » ‘. La religion, pensait-il, aiderait à ce changement par la substitution de l’éducation morale et du culte de la vertu aux cérémonies de la superstition ?, Et Jeanbon ne voyait pas d’obslacle possible : les citoyens étaient dans l'obligation de se soumettre aux lois de l’Assemblée : « vous avez le droit (le juger ses décrets, vous n'avez pas celui d'y désobéir * », et la loi faite, « toutes les têtes doivent se plier sous son joug » *; du reste «le peuple est bon et ide . un instinct moral qui le trompe rarement le conduit à la vérilé »

Rien ne révèle dans ce programme que Jeanbon se préoccupât de questions person»elles et songeât à prendre parti. Ajoutons qu’il arrivait plein d'enthousiasme, pressé de faire le bonheur de la France © et d’une démocratie qu'il chérissait d’aulant plus qu’il en avait reçu les suffrages, décidé à réparer la pusillanimité des précédents législateurs qui avait retardé l’ère de félicité attendue ?, Quant au caractère des lois nouvelles, aux principes suivant lesquels serait établie la constitution, nous verrons qu’il ne les concevait point autrement que les Girondins ou les Montagnards.

Jeanbon, retrouvant à la Convention ses amis de la Gironde, alla s'asseoir à leur côté, à la droite de l'assemblée #. Déjà la rupture était complète entre eux et la Montagne qui siégeait à gauche. Résignés durant les dernières semaines de la Législative à subir la dictature de la Commune insurrectionnelle du 10 août et l’ascendant de leurs collègues montagnards, restés muets devant les massacres de septembre, les Girondins, dans la Convention, retrouvaient leur énergie et leur esprit d'indépendance; ils étaient fort irrités qu'aux élections

1. Sur l’éducalion nationale, déjà cité. Cf. Bastiat : cette idée est fortement enracinée dans notre pays « que l'humanité est une matière inerte recevant du pouvoir la vie, l’organisation, la moralité » (La Loi, Paris, 1850, in-16, p. 38).

8. Voy. ch. net il, lettre du 23 septembre 1792 déjà citée ; et Convention, 6 novem-. bre 1792 : il faut s'occuper non des hommes, mais « des principes pour les suivre.et : en déduire les conséquences qui peuvent nous conduire à perfectionner l’organisation sociale » (Moniteur, t. XIV, p. 408).

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