Convention, 25 septembre, Moniteur, t. XIV, p
6. Œuvres complètes publiées par Laponneraye, 1840. Paris, 8 vol. in-8, pp. 87-98, du tome Il.
frayant. Le royaliste montalbanais d'Elbreil, peu disposé à l’indulgence et qui arrivait alors dans la capitale, le dit lui-même: « On allait et venait dans les rues, on faisait ses affaires comme si rien .d’extraordinaire ne s’élait passé, les spectacles étaient rouverts et fréquentés, les cafés remplis d’oisifs !. » Il v avait eu des massacres, mais à Montauban Jeanbon n’en avait recu que l'écho lointain, la Commune de Paris les déplorait elle-même et rejetait tout sur son Gomité de surveillance ?; Jeanbon se dit peut-être aussi que les Girondins n'avaient pas le droit de reprocher ces forfaits à la population parisienne, eux qui avaient toléré et ensuite pallié Pattentat, eux qui naguère avec Lasource et Grangeneuve avaient amanistié à Avignon les égorgeurs de la Glacière. D'ailleurs, toutes les accusations qu’ils lançaient aux Montagnards portaient sur des actes antérieurs à la réunion de la Convention, on n'avait que faire de récriminer tandis que l’œuvre du bonheur public, de la Constitution, était en instance. Autre sujet d’étonnement et même de méfiance pour tout esprit non prévenu : les Girondins, qui dénoncçaient les aspirations des Montagnards à la dictature, tenaient eux-mêmes le pouvoir exécutif par le ministère et prétendaient diriger l’opinion publique par les journaux, entre leurs mains pour la plupart ?, ils avaient la présidence des Comités que la Convention nomma dans son sein durant le mois d'octobre et qui furent chargés de préparer le travail législatif *, ils y élaient en nombre prépondérant; ils remplirent le plus imporiant de ces Comités, celui qui devait donner la loi nouvelle, le Comité de Constitution ‘; en définitive, n’étaient-ce pas eux, les maîtres ©? Ajoutons qu'un personnage très pénétré de sa propre valeur, très convaincu de son aptitude à collaborer aux grands travaux de l'assemblée comme l'était Jeanbon, devait se sentir blessé de cet exclusivisme : il avait, nous le verrons plus tard, des idées sur les réformes à opérer dans la marine, et dans le Comité de marine il ne fut nommé que suppléant el le sixième des suppléants 7!
1. D’Elbreil, op. cit., p. 81. Se rappeler que Jeanbon avait déjà, en 1791, une partialité secrète pour Paris (adresse qu'il fait voter au club de Montauban pour le peuple parisien le 20 septembre 1791).