Décrets d'organisation des Comités, 1 et 2 octobre
5. Voy. discours de Couthon résumant ces inculpations aux Jacobins le 12 octobre (Aulard, Jacobins, t. IV, pp. 380-381), et dans la même séance celui d’Anthoine. Le comité de Constitution, étahli par décret du 29 septembre 1792, était composé de Sieyès, Thomas Paine, Brissot, Petion, Vergniaud, Barère, Danton, Condorcet, Gensonné.
6. Voy. la circulaire adressée le 15 octobre par les Jacobins aux sociétés affiliées, contre la « scandaleuse influence » que se sont acquise les Girondins (Aulard, ibid, pp. 394-399).
7. Le Comité de marine est constitué le 15 octobre, il compte dix-huit membres, surtout Girondins, (Rouyer, Kersaint, Marec, Antiboul, Blad, Rcchegude) ou du centre, et neuf suppléants dont quatre montagnards, Granet de Marseille, Topsent,
180 à JEANBON A LA CONVENTION NATIONALE
Jeanbon garda d’abord le silence, il étudiait probablement la situation, puis ce fut sur la scène des Jacobins, scène restreinte et où il avait déjà figuré, qu’il débuta ; le 26 septembre, il y prit la parole, nous ignorons dans quel sens, sur un programme d’organisation du gouvernement proposé par Chabot*. Huit jours après, son opinion sur les Girondins était faite : à leurs attaques, le 1°r octobre, le Comité de surveillance de la Commune était venu répondre dans la Convention qu’il possédait des preuves de l'achat par le roi de cinq membres du Comité de Liquidation de l’Assemblée Législative : il se gardait bien de les nommer pour laisser le soupcon planer sur tous les députés de la Législative entrés dans la Convention ?; Jeanbon, dans une lettre du 3 à la municipalité de Montauban, ajoute pleinement foi à la dénonciation et dit que les papiers publics, tous à la dévotion de. Brissot, Condorcet et autres ennemis du Comité de surveillance, cachent la vérité sur cette affaire; il concède, d’ailleurs, que ce Comité, « a fait et du mal et du bien ». Jeanbon se trompait, les dénonciateurs ne purent rien prouver contre aucun conventionnel. Mais on voit que Saint-André penchait déjà du côté des adversaires des Girondins.
Le 8 octobre, Buzot * présenta Le rapport de la commission des Neuf : il partait de ce principe que les représentants du peuple appartiennent à toute la nation, toute la nation doit donc être appelée à les honorer de sa vigilance ou à les couvrir de son égide, Paris même a le plus grand intérêt à leur conservation; or la preuve qu’on peut égarer facilement la population de Paris et qu'une garde esl nécessaire à la Convention, c'est que Paris proteste contre l’établissement de cette garde; ce ne sera pas une garde prétorienne, car, choisie dans tout l'empire, elle ne sera point animée d’un esprit par- ‘ticulier; chaque département enverra autant de fois quatre fantassins et deux cavaliers qu’il a de députés à la Convention, cela fera un lotal de 4,470 hommes, élus par les conseils généraux de département parmi les citoyens pourvus d’un certificat de civisme, et le commandant sera nommé par la Convention ‘. Deux jours après, le
Jeanbon, Pocholle (Procès-verbaux de la Convention, t. Il, p. 33). Noter cependant que le 8 octobre Jeanbon est nommé huitième des commissaires provisoires délégués à la vérification de l’état des Archives (Procès-verbaux, t. 1, p. 144) et que le 13 novembre il sera nommé huitième sur les onze membres du Comité de liquidation (bid., t. II, p. 156).
1. Nous ne savons quand Jeanbon est rentré aux Jacobins, il n’est pas sur la liste des conventionnels qui s’y sont fait recevoir le 24 septembre (Aulard, Jacobins, t. IV, p. 338) et le 26 on le voit y prendre la parole (ibid., t. IV, p. 337).
8. Voy. Convention, 4 octobre, déclaration de Valazé (Moniteur, t. XIV, p. 121).
3. Buzot, né à Évreux en 1760, avocat à Évreux, député du tiers de ce bailliage
aux États généraux, président du tribunal criminel de l'Eure en 1791, député à la Convention par ce département, mis en arrestation le 2 juin, s’échappa, se rendit à Caen, puis en Bretagne, puis dans la Gironde, se cacha à Saint-Émilion, découvert, poursuivi, trouvé mort dans un champ à côté de Pétion, la face dévorée par les loups (Dict. des Parlementaires).