‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 187 sur 889 · SON INTERVENTION A MONTAUBAN · texte numérisé non relu

SON INTERVENTION A MONTAUBAN

des Jacobins pour qu’ils éclairent les départements par des cireulaires aux Sociétés afliliées !

Ses craintes étaient fondées. Il y avait eu d’abord dans son parti un débordement d'enthousiasme à la nouvelle de l'abolition de la royauté et de nos succès à la frontière, le club avait décidé, le 28 septembre, une adresse d'adhésion à la première mesure, adresse que. devaient signer tous ses membres sous peine d’ expulsion ?, et envoyé le 8 octobre à Jeanbon l'expression de son estime et de son admiration . Puis les esprits s'émurent des dissensions de l'assemblée, des bruits d’un projet de loi agraire ‘, des inquiétudes des Girondins. La Société de Toulouse était favorable à la proposition de force départementale de Buzot et ne passa au parti avancé que dans le courant de novembre, sous l'influence de l’agitateur Descombels *. A Cahors, deux sociétés, l’une girondine, l’autre montagnarde, se querellaient avec acharnement : la dernière, la « Société des Amis de la République », avait chassé de son sein Ramel, l'adversaire de Jeanbon; la première, la « Société des Défenseurs de la Liberté et de l’Égalité », l'avait recueilli, l’avait élu son président 5. Ces nouvelles augmentèrent le trouble dans Montauban. Deux personnages en tournée dans la région, Hion et Desfieux envoyés par Servan et Laclos en qualité de commissaires des guerres à l’armée des Pyrénées, passèrent à Montauban sur ces entrefaites, ils venaient de Bordeaux où Desfieux, quoique Bordelais, avait révolté toute la bourgeoisie, naturellement girondine, par son zèle montagnard, ils étaient dénoncés à l’avance aux Toulousains par les Amis de la Constitution de Bordeaux ’, le second surtout, « banqueroutier frauduleux » dans sa ville natale, « intrigant à Paris, immoral partout », membre du parti « provocateur du désordre el des assassinats, complice des massacres de septembre »; Jeanbon de son côté annonçait leur visite à la munici-

1. Le 21 octobre, par exemple (Aulard, Jacobins, t. IV, p. 410).

2. L'adresse est datée du 28 septembre 1792 (papiers Bosquet). Le club la décide le 30 (Reg. C. de délibérations). C’est Jeanbon qui est chargé de la présenter à la Convention.

3. 21 octobre. Reg. B. de correspondance. Des lettres analogues sont adressées au club des Allobroges à Chambéry et à la garnison de Lille (ibid.).

4, Voy. lettre des commissaires de la Convention : Carnot, Garrau, Lamarque à l'Assemblée, du 7 octobre 1792. « L'idée de la loi agraire répandue par les ennemis du bien public a jeté partout la terreur » (Charavay, Correspondance générale de Carnot, t. I, p. 188, Paris, 1892, gr. in-8).

5. Lettres anti-montagnardes du club de Toulouse, le 28 octobre; mais, Descombels de Castelsarrasin, montagnard déterminé, en est nommé président le 31; le 10 et le 12 novembre le club proteste contre le projet de garde départementale et, le 21, il décide de ne recevoir désormais aucun pamphlet ni aucun écrit contre Robespierre (L. 742, 745, 749. Archives Haute-Garonne).

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