Voy. ch. xvu
7. L. 2107. Arch. Gironde. Desfieux, né à Bordeaux en 1755, marchand de vins à Bordeaux, président du club du Café National à la date du 18 juin 1790, juge au tribunal extraordinaire du 17 août 1792, guillotiné avec les Hébertistes, le 14 germinal an II (Arch. commun. de Bordeaux, série I, et Biographie Didot).
palité de Montauban en termes élogieux !. Ils firent à Montauban l'apologie de la Montagne ? ; d’après l'impression qu’ils avaient produite à Bordeaux, on devine quel émoi ils dureat laisser dans les esprits. D'autre part, quoique la récolte eut été abondante, le renchérissement des grains n’avait d’égal que le discrédit des assignats ?, et Jeanbon, bien que fort optimiste dans les nouvelles qu'il donnait du théâtre de la guerre #, si optimiste qu’il accueillait et transmettait les racontars les plus invraisemblables, Jeanbon fut obligé de prévenir ses concitoyens que les chances d’une rupture avec l'Espagne augmentaient, et que la charge en retomberait sur les départements méridionaux ‘. La couséquence fut, semble-t-il, dans Montauban, chez les révolutionnaires même, une période d’hésitation, de tiédeur : le 3 novembre, on lut à la Convention une adresse des citoyens de Montauban, nous n’en connaissons que cet extrait : « Hâtez-vous de jeter les bases de notre gouvernement, faites des lois qui assurent notre bonheur. Etouffez ces débats qui vous divisent; s’il existe parmi vous des factieux vouez-les comme nous au plus profond mépris »; mais un girondin, Lehardi, ajouta : « Je demande la mention honorable et profitons de la leçon », tandis que Jeanbon ne soufflait mot, l’écrit n’était donc pas favorable aux Montagnards. Le 7 novembre on parut croire aux Jacobins que la Société de Montauban rompait avec la Société mère *.
En tout cas, l’oscillation fut courte, dès le 21 octobre le club de Montauban atlaquait Ramel et ses amis de Cahors; le 8 novembre, il adressait au Comité de Sûreté générale contre la force départementale un réquisitoire qui reproduit dans les traits essentiels le discours de Jeanbon du.12 octobre ‘7. Le 13 novembre, sur une pétition de plus de 150 citoyens, la municipalité autorisait une réunion des assemblées primaires, en vue de nommer un Comité central chargé de « surveiller les ennemis de la chose publique et rendre compte aux corps constitués de tout ce qu’il pouvait découvrir À ». Par ce Comité, qui deviendra le Comité de surveillance, le club
1. Lettre de Paris, 28 octobre, à la municipalité. Révolution françuise, t. XXIX, p. 68.
8. Le 14 décembre, aux Jacobins, Desfieux l'indique (Aulard, op. cit., t. IV, p. 583).
3. Tombé à 26 livres le 1e" septembre 1792, le sac de blé commun est remonté à 30 livres le 27 octobre et se maintiendra à peu près à ce prix jusqu’en janvier (Nouvelles. Intéressantes, nos 38, 44, 49 et 52).
4. « Des négociations s’entament en ce moment, elles seront suivies avec intelligence, et tout nous promet qu'avant la fin de l’hiver, des traités importants nous lieront à la Prusse, à l'Angleterre et à la Hollande » (lettre du 14 octobre 1792 au club de Montauban). Lebrun, ministre des affaires étrangères, et les journaux partageaient ces illusions. Voy. Sorel, l'Europe et la Révolution: 3 partie, pp. 82-89. Les Prussiens ne négociaient que pour nous amuser et effectuer librement leur retraite.
5. Lettres du 28 octobre à la municipalité, du 14 octobre au club de Montauban.
6. Buchez et Roux, t. XX, pp. 169 et 300. Michelet, Révolution, t. V, p. 363.