Procès-verbal, t. V, p
4. Voy. Esquiros, Histoire des Montagnards, Paris, 1847, 2 vol., in-8, t. Il, p. 302. Belhomme, Les Régicides,Paris 1893 in-8, p. 18.
5. 361 voix contre 334. Voy: Belhomme (op. cit., p. 18), qui détruit la légende d’après laquelle la majorité n’aurait été que de 5 voix.
Les Montalbanais apprirént la fatale sentence par une lettre de leur député du17 janvier à minuit : « La Convention vient de prendre une grande mesure qui doit être le complément indispensable de l'abolition de la Royauté. Il fallait que celui qui avait été roi, qui avait écrasé pendant plusieurs années ces hommes qu’il appelait ses sujets du poids de son autorité tyrannique, disparut devant un peuple devenu républicain. La Convention a prononcé l’arrêt de sa mort, et elle à donné par là aux Rois un grand exemple, et aux peuples une grande leçon !. » À
‘Le 19 janvier, un quatrième appel nominal repoussa tout sursis à l'exécution : cinq des députés du Lot accordaient ce délai (La Boissière, Sallèles, Bouygues, Delbrel, Albouys), quatre le refusèrent : Monmayou, Cavaignac, Cledel, Jeanbon *.
La condamnation rendue, Jeanbon se flattait que le calme reparaîtrait dans l’Assemblée : « Sans doute ce sera dans la tombe du tyran que s’enseveliront toutes les haines, toutes les rivalités », disaitil dans son discours du 1* janvier, et dans sa lettre du 17 il reconnaissait chez les Girondins un certain apaisement : « Aujourd’hui, pour la première fois depuis la Convention, Buzot, Barbaroux, et même Chambon nous ont parlé honnêtement à la tribune et se sont abstenus de nous qualifier de brigands et d’assassins *, » Pouvait-il y croire après les violences inouïes dont s'était accompagnée la discussion et les incidents qui s'étaient greffés sur elle, après ce discours du 1* janvier où l'invitation à la concorde que nous venons de citer clôturait toute une catilinaire contre la Gironde ? Et dans cette lettre même du 17 janvier, Jeanbon tournait en dérision des alarmes que Roland et les Girondins avaient tenté d’inspirer à l'assemblée au début de la séance du 16 et qu'avait démenties la tranquillité de Paris, il les appelait à ce propos « les amis du roi » “. Le 20 janvier, le tumulte fut déchaîné de nouveau dans la Convention par la lecture d’une lettre de Kersaint dans laquelle ce dernier donnait sa démission pour ne pas être confondu avec les panégyristes des journées de septembre, et au milieu des vociférations Barbaroux fit voter des poursuites judiciaires contre les septembriseurs, ce qui préparait de nouvelles querelles pour l'avenir *. Le 20, au soir, un ancien garde
1. Jeanbon ne raconte pas la séance en détail, il en prévient lui-même ses correspondants au commencement de sa lettre. Voy. celle ci in-extenso. Révolution française, t. XXIX, pp. 73-75. k