‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 21 sur 889 · Lettres à Julien de Verdeilhan · texte numérisé non relu

Lettres à Julien de Verdeilhan

7. «Il y fit ses études en vingt-six mois » (Sainte-Beuve, op. cit., p. 143).

8. Hugues : Synodes du Désert, t. I, p. 273." D'autre part, Sardinoux (p. 21) cite un texte d’après lequel le séjour aurait été de trois ans; mais cela n’infirme en rien notre hypothèse.

9. Certificat de consécration transcerit à la date du 28 mai 1773 sur le registre de délibérations du Consistoire de Castres : « Nous soussignés déclarons à qui il appartiendra que notre. trés cher frère M. André Jeanbon de Montauban, ayant séjourné dans cette ville et académie pendant un temps assez considérable et s'étant appliqué d'y continuer ses études en belles-lettres, philosophie, morale et théologie, nous a priés de vouloir bien examiner les progrès qu’il aurait faits dans ces diverses sciences, et qu’il nous plût en conséquence, si nous l’en jugions digne, de ui con-

10 __ JEANBON PASTEUR A CASTRES

le séminaire, conformément à la coutume des pasteurs du désert, il prit pour dérober son identité aux persécuteurs un pseudonyme, :

un véritable nom de guerre dans la circonstance, et le pasteur protestant qu'est devenu André Jeanbon,. s’appellera dorénavant du vocable très catholique de Saint-André, ou Jeanbon Saint-André !.

Il était déjà pourvu d’un poste : le 7 mai 1772, le colloque général de la province du Haut-Languedoc avait autorisé les églises de Castres, Roquecourbe et Réalmont à faire venir un nouveau pasteur qui, après un an de stage, pourrait être « agrégé au corps des pasteurs de la province ? », et le 16 avril 1773, le Consistoire de Castres avait décidé d’adresser un appel à André Jeanbon*. .

Le 28 mai 1773, le nouveau pasteur se présente au Consistoire de Castres *, et sa signature apparaît le 29 mai sur le registre de baptême tenu par les pasteurs ‘. C’est à l’église de Castres même,

où il a comme collègue immédiat le pasteur Bonifas Laroque *,

férer le caractère sacré de ministre du Saint Évangile, pour l’exercer selon les principes de notre sainte et bienheureuse Réformation partout où il sera légitimement appelé. Sur quoi, et après délibération, nous nous sommes d'autant moins fait de peine d’acquiescer à sa demande que nous le savons issu d’une bonne famille protestante, qu’il nous a paru toujours avoir de bons principes, une très grande application, que ses mœurs ont été pures, et que nous avons reconnu en lui les dispositions, les talents et le zèle convenable au but excellent auquel il aspire. C’est pourquoi, après l'avoir examiné avec beaucoup de soin, nous avons été non seule-

ment très satisfaits de ses connaissances, mais aussi très édifiés de son éloquence, de -

la piété et de la sainte onction qu’il a fait paraître dans ses diverses épreuves, en sorte que nous nous sommes fait un vrai plaisir de le consacrer par l'imposition des mains au Saint ministère évangélique, selon les canons apostoliques, le 20 de ce mois d'avril, nous implorons très ardemment la bénédiction de Dieu notre père sur sa personne et sur son ministère, le recommandant très instamment à la bienveillance de nos chers frères en J.-C. et à la tendre affection des Églises qui désirant d'être édifiées et consolées par ses travaux lui adresseront une vocation pastorale, et afin que l’on ajoute -une entière foi à la présente déclaration, nous avons autorisé notre vénérable président et notre secrétaire ordinaire d’y apposer leur seing au nom de tous les membres.

« Fait à Lausanne en Suisse, le 23 avril 1773.

à « J. Secrétaire P.

« L’ancien doyen président au nom de tous

« DE POLIER BOTTENS. »

{Registre de 1771 à 1790. Archives du Consistoire de Cartes )

1. Au Consistoire de Castres, 16 avril 1773. [adoption d’un pseudonyme est alors d'usage courant parmi les pasteurs. Voy. Hugues, Synodes du désert, et Dardier, Correspondance de P. Rabaut,et A. Lods, Essai sur la vie de Rabaut Saint-Étienne, Paris, 1893, in-8° de 33 p. De même les pasteurs se font adresser leur correspondance chez des amis sous des noms supposés. « Mon adresse est à M. Mialhe, marchand près la place, pour remettre à M. Dubois à Castres d’Albigeois « (Jeanbon à Julien de Verdeilhan). .

2. Article 6 de son procès-verbal (Hugues, op. cit., t. III, p. 43, note).

3. Procès-verbal du Consistoire de Castres, séance du 16 avril 1773. art. 2 (Registre des délibérations du Consistoire de 1771 à 1790).

4, Ibid. ie

Page 1