F DATE
qu’il est attaché !, Castres était alors une pelite ville de près de 10,000 âmes ?, assise au pied de la Montagne-Noire, et dont on peut se faire une idée d’après le quartier qui, encore aujourd’hui, groupe, tassées et accroupies au bord de l’Agoût, ses petites maisons biscornues, échafaudées en lattes. La communauté protestante s y trouvait nombreuse malgré la présence d’un évêché, et beaucoup de ses membres faisaient le commerce des laines à destination des manufactures de Montauban *. Jeanbon y fut donc en pays de connaissance, pas trop loin de sa ville natale et de sa famille qu’il allait voir assez souvent ‘; les honoraires que lui assurait le Consistoire devaient lui ôter le souci de la vie matérielle Ÿ, et dans ses premières lettres de Castres il paraît tout heureux f.
JT
Quelle est alors la situation faite en France aux églises réformées?
Elles ont été vouées aux coups de l’État dès leur apparition. Elles ne pouvaient faire accepter leur confession dissidente dans un royaume où l’unité de foi était la garantie de l’obéissance des sujets, leur gouvernement autonome, dont nous reparlerons, ne faisant aucune part à l'interventien de l’État devait exciter les inquiétudes d'un pouvoir qui ne voulait rien laisser en dehors de son action, enfin le caractère démocratique de ce gouvernement, caractère sur lequel nous reviendrons aussi, élait une menace pour la monarchie absolue. La guerre s’engagea très vite, se continua impitoyable entre les rois de France et leurs sujets protestants, et Henri IV n’y mit fin qu’en laissant aux églises, avec leur gouvernement intérieur, des privilèges politiques destinés à en garantir l'autonomie, mais qui équivalaient à établir leur souveraineté sur une partie du territoire, et les constituaient en État au milieu de l’État. Dépouillées ensuite par Richelieu de ces privilèges, les églises restaient par leur confession particulière, par leur gouvernement démocratique, une véritable anomalie dans la France catholique et monarchique, étaient odieuses
tisme français 1889), où nous voyons que ce fut Bonifas lui-même qui, ayant trop de travail, fit appeler Jeanbon par le Consistoire (ibid. p. 341). je à
1. Registre de délibérations du Consistoire de 1771 à 1790, séance du 6 juin 1702 Colloque général du Haut-Languedoc du 13 juin 1775 (Hugues, t. LIT, p. 139). Néanmoins, il dessert les églises du voisinage (lettre du 1°" juillet 1778, aux arch. du Consistoire de Montauban), et sa signature se retrouve fréquemment sur le registre du Consistoire de Roquecourbe (Arch. consistoriales de Roquecourbe).
2. 8,900 âmes en 1760, d’après A. Combes, Hist. de la ville de Castres pendant la Revolution, Castres, 1875, in-8, p. 19. Fe KEY
à Castres achète et revend fa laines employées à la fabrication des cadis, c’est-àdire des étoffes fabriquées à Montauban (même ouvrage, p. ac)