IL EST ENVOYÉ DANS LE LOT ET LA DORDOGNE
l'émotion populaire pour déchaïîner dans Paris une émeute contre les conventionnels girondins ‘. L'Assemblée ayant ordonné l’arrestation de Fournier, Varlet, le 12 mars, s’en plaignait aux Jacobins et attaquait Dumouriez; Jeanbon s’unit à la majorité des assistants contre l’agitateur et il appuya cette déclaration de Billaud-Varenne qu’il fallait faire crédit à Dumouriez, que le général se trouvait dans une situation telle qu'il était forcé de chercher la victoire, et que les exagérés comme Fournier étaient suspects ?.
Le 13 mars, Jeanbon demanda, sans l'obtenir, la parole dans la Convention, lors d’un débat sur les menées de Varlet *. Ce fut sa dernière apparition à l’Assemblée pour plus de deux mois. Il était, en effet, du nombre des commissaires envoyés dans les départements : le 9 mars au soir, il avait fait décider que le choix en serait confié à deux des secrétaires de la Convention auxquels seraient adjoints les deux derniers anciens secrétaires ; cette commission, retirée dans
une salle voisine, était rentrée peu après avec une liste où figurait
le nom de notre législateur. L'article 2 du décret qui réglementail la mission des commissaires stipulait qu’au nombre de quatre-vingtdeux ils se diviseraiént en quarante et une sections de deux membres dont chacune aurait deux départements à parcourir; l’article 3 marquait que les commissaires de la 17° section visiteraient la Corrèze el le Lot, ceux de la 24° la Haute-Vienne et la Dordogne *; sans doute un remaniement eut lieu car Jeanbon député du Lot et Élie Lacoste
député de la Dordogne, furent chargés d'opérer conjointement dans
le Lot et la Dordogne ÿ,.
- 1. Voy. sur leurs menées, surtout dans la nuit du 9 au 10 mars, menées déjouées par l'hostilité des Jacobins et de la Commune, Buchez et Roux, t. XX V, pp. 25-43, 62-63.
2, Aulard, Jacobins, t. V, pp. 86-87. Le 10 mars à la Convention, Robespierre avait déjà défendu Dumouriez en disant que son intérêt était de vaincre (Moniteur, t. XV, pp. 674-676).