‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 230 sur 889 · Lettre d'eux, 25 mars à la Convention, déjà citée · texte numérisé non relu

Lettre d'eux, 25 mars à la Convention, déjà citée

3. Lettre de Jeanbon à Barère, membre du Comité de Défense Dénétale. de Moissac 26 mars 1793 (Voy. dans Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. 11, pp. 532-535 in-extenso, cette lettre réellement superbe de conviction et de perspicacité).

4. Noter que Jeanbon avait peut-être contribué lui-même à propager dans son pays le découragement qu'il signale. N’avait-il pas écrit le 3 mars à Delorme : «Il nous faut 100,000 hommes pour conquérir la Hollande et si vous ne faisiez pas cette conquête vous seriez perdus ? » Or, la Hollande n’était pas conquise et l'ennemi était sur notre frontière. Songer d'autre part que les Récollets avaient fait dissoudre, par la force, dans le courant de mars à Bordeaux, le club du Café National ou club montagnard (lettre très irritée à ce propos du club de Montauban du 22 mars aux Jacobins de Paris, 2°. Reg corresp. du club) et que ce fait avait dû, comme le prouve la lettre du club de Montauban, avoir un retentissement énorme dans la région.

.€ La République une et indivisible ou la mort aux fédéralistes », - jurent par Brutus « haine éternelle aux lyrans sous quelque dénomination qu'ils osent se reproduire ! ». Ces sentiments, ce serment sont exprimés à nouveau dans une adresse volée par la Société à la fin de la séance, et qui va dans tout le département du Lot maudire « ceux qui, sous le prétexte de tout pacifier ont tout perdu, ceux qui ont lu la rectitude de la loi dans les sophismes de leur intérêt, et la sûreté de son exécution dans une temporisation coupable », ceux qui ont calomnié, couvert « de tout l’opprobre du vice » les Jacobins « dignes de tous les prix de la vertu ? ».

Quelles mesures prendre? « Il n’y a que les remèdes les plus prompts et les plus violents qui puissent sauver la chose publique », écrit Jeanbon à Barère. On a méconnu la pensée de ceux qui déclaraient que la Convention est une assemblée révolutionnaire et l’on a dit que la Révolution était achevée, « l’expérience prouve maintenant que la Révolution n’est point faite : liés de la manière la plus intime au sort de la Révolution, nous devons conduire au port le vaisseau de l’État ou périr avec lui », sinon il ne restera qu’à « envelopper la tête dans nos manteaux : les demi-partis nous ont perdus, peut-être des parlis plus courageux ne remédieront pas au mal, mais au moins, s’il faut périr, nous périrons avec gloire » *. La nouvelle de la trahison de Dumouriez affermit encore les commissaires dans ces dispositions. Cavaignac l’annonçait de Paris à la municipalilé de Montauban le 31 mars, le 7 avril, par des lettres exaspérées *, Jeanbon et Lacoste l’apprirent le 6 avril à Périgueux, et ils lancèrent la proclamation suivante : « Les dangers sont imminents..… il est temps que le peuple se lève tout entier pour écraser ses ennemis... hâtezvous et ne perdez pas un instant : saisissez tous les hommes en qui vous n'avez pas aperçu des sentiments civiques bien prononcés...…, que la seule loi du salut public dirige toutes vos démarches et toutes vos actions » ÿ, il faut « nous délivrer de tous les scélérats qui vont nous égorger si par notre courage el notre fermeté nous ne les enchaînons °. »

C’est pourquoi Jeanbon et Lacoste chargés d'opérer le recrutement, vont s'occuper surtout de mesures de sûreté générale, en n'ayant égard qu’à la règle brutale et terrible du salut public. Les deux commissaires se partagent la tâche : après avoir visité ensemble très rapide-

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