L? liasse, Arch. Tarn-et-Garonne
ment Lot et Dordogne jusqu’au 9 avril, ils se séparent ‘, Jeanbon laisse Lacoste parmi ses électeurs à Périgueux et revient dans le Lot. Tous deux, d’ailleurs, agissent parallèlement et de concert, comme le prescrivail le décret du 9 mars : Jeanbon reste seul du 11 avril au 22 mai dans le Lot, Élie Lacoste à peu près le même laps de temps dans la Dordogne ?.
Nous avons vu quels pouvoirs leur conférail la loi du 9 mars; quoique définis dans les termes ces pouvoirs étaient réellement illi< mités, et le Comité de salut public l’écrivit d’ailleurs à Jeanbon *, La substitution, le 6 avril, au Comilé de défense générale, du Comité de salut public, c’est-à-dire d’un conseil dirigeant réduit en nombre, partant d'action plus énergique, donna encore plus de latitude et d'autorité aux commissaires de la Convention.
Mais il leur fallait le concours des pouvoirs exécutifs locaux : administrations départementales, de district, municipales. L'expérience de la Constitution de 1791 avait montré à Jeanbon toute la complication, tous les vices de cé système : les directoires de département, de district, les municipalités étaient rivaux, sans action réelle les uns sur les autres, les conseils généraux qui devaient les seconder n'étaient point permanents, ou, s'ils étaient rendus tels comptaient un trop grand nombre de membres, délibéraient au lieu d’agir; pas de transmission rapide des ordres du département aux municipalités, pas de marche commune imposée à toutes les administrations; enfin, de ces corps administratifs la plupart étaient, à l’égal de leurs administrés,, las de la Révolution *. Jeanbon et Lacoste établirent d’abord la permanence du conseil général de la commune à Périgueux ‘,
1. À partir du 9 avril, Lacoste prend à Périgueux des arrêtés signés de lui seul, Jeanbon est à Montauban le 11 avril. Deux arrêtés importants d'Elie Lacoste à Périgueux, l’un du 14 avril, l’autre du 17, sont signés d’Élie Lacoste et Jeanhon Saint- André (AF11 96, Arch. Nat.), mais Jeanbon est, le 14 et le 17, à Cahors, nous le verrons. Les arrêtés sont signés des deux parce que, nous le répétons, la Convention leur prescrivait d’agir d'accord.
&- Is sont, d'après les arrêtés et lettres signés d’eux, et que nous retrouverons plus loin, le 24 et le 25 mars à Montauban, le 25 et le 26 à Moissac en route sur Périgueux, le 27 à Agen, le 29 à Castillonès, le 4 avril à Périgueux ; le 11 avril Jeanbon est à Montauban, le 14 à Cahors jusqu’au 19, le 21 nous le revoyons à Montauban, il s’y trouve encore le 23, le 25 avril, le 6 et le 7 mai; le 8, 9 et le 10 mai, il est à Toulouse, le 13 de retour à Montauban, il y reste jusqu’au 19 inclus, le 22 il est à Cahors en route pour Paris. Tous deux ont passé à Villeneuve sur Lotet Bergerac pour aller à : Périgueux, Jeanbon est peut-être allé à Figeac, mais nous ne savons à quelle date. . 8. Lettre à eux adressée par le Comité de Salut public, 27 avril (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. II, p. 487).
4. Cf. rapport de Carnot à la Convention du 12 janvier 1793 après une mission à la frontière des Pyrénées qui lui a fait visiter le Midi (Bibl. Nat., Le 29, n° 400). Il conclut que la présence des représentants du peuple donne beaucoup de ressort aux autorités constituées et que le grand vice de la constitution était l'indépendance et la rivalité des pouvoirs. Cf. encore le procès-verbal de la séance du 19 ventôse an Il de l'administration départementale de la Haute-Garonne déjà cité sur le retard énorme des administrations dans tous leurs travaux (Bibl. Nat., Lk#, n° 1148).
5. Arrêté du 6 avril 1793 de Jeanbon et Lacoste à Périgueux (AF1 96, Arch. Nat.)
puis Jeanbon la trouva inutile, la supprima à Montauban !, mais assura au Comité central de Montauban l'existence légale sous le nom de Comité de Salut public ? et institua des Comités analogues dans d’autres localités ?. Il donnait ainsi une forme régulière et autorisée à l'intervention infaligable, incessante, du club auprès des administrations locales, intervention qui s’exerçait toujours dans le sens de l’action révolutionnaire. Sur certains points, les Représentants concentrèrent pour ainsi dire les différentes administrations au cheflieu du district dans une commission composée de délégués de ces administrations ou de tous leurs membres réunis au Comité de Salut public, c'est-à-dire placés sous sa surveillance ét son impulsion *. Déjà plusieurs fois, récemment encore pour le recrutement, les administrations de département, de district avaient envoyé auprès des municipalités des commissaires destinés à remédier par leur présence et leurs instructions verbales à la lenteur d’une correspondance, Jeanbon et Lacoste reprirent ce procédé, donnèrent à ces commissaires tout l'appui de leur autorité.
Pour assurer ces mesures il fallait réveiller dans les esprits l’exaltation révolutionnaire, fortifier l'influence de cette minorité de Jacobins qui, par le club officieusement, par le Comité de salut public officiellement, obligeait la population et les administrations à servir la cause de la liberté. L'adresse du club de Cahors et la proclamation citées plus haut avaient dû produire un certain effet; Jeanbon, de retour à Montauban, dans la toute puissance de sa mission, vint dans ce temple des Carmes, d’où ses ennemis l'avaient écarté six mois auparavant, prêcher solennellement à côté de Duprat, au milieu de la démocratie calviniste triomphante * ; il présida la première séance de
1. Jeanbon au Comité de Salut public, lettre du 7 mai 1793 (Aulard, Actes du Comilé de Salut public, t. IV, p. 49).
2. 11 avril. L'arrêté déclare : 1° le Comité central établi à Montauban sera maintenu jusqu’à ce que la patrie soit déclarée n’être plus en danger, à cette époque il devra se dissoudre ; 2° les fonctions du Comité central seront bornées à la simple surveillance, il recherchera avec soin toutes les trames, tous lès complots qui tendraient à compromettre la liberté et la sûreté publique ; il en rassemblera les indices et les preuves et les dénoncera aux autorités constituées. L'article 3 donne la liste des trente membres du Comité, tous figurant parmi les plus ardents du club. Derey et Gautier, deux des juges de paix, y sont adjoints avec le procureur syndic du district et le maire de la commune (art. 4) Lxiu, fol. 184. Arch. Tarn-et-Garonne. Par arrêté de Jeanborf du 23 avril (art. 1) le Comité prend le nom de Comité de Salut public (Lx, fol. 187 verso).
3. A Caylus, par exemple, le 29 avril (AF 11 116. Arch. Nat.).
4, « Registre des délibérations du directoire du district, du conseil général de la commune et du Comité de Salut public de Montauban réunis en assemblée générale pour des mesures de sûreté générale » avec Cayla administrateur du. département comme président en l'absence de Jeanbon, du 25 avril au 5 juillet (Arch. commun.); à Périgueux, un arrêté du 6 avril de Jeanbon et Lacoste forme « un bureau particulier d'agence » composé de 4 administrateurs du département, 2 du district, 2 membres du conseil général de la commune, un membre de l'état-major de la garde nationale (AF11 96, Arch. Nat.).
5. 21 avril 1793 {papiers Bosquet). Duprat avait été installé le 10 mars définitivement. Une lacune dans les registres de délibérations du club du 14 octobre 1792 au
202. MISSION DE JEANBON DANS LE LOT l'assemblée générale qu’il avait formée à Montauban du directoire du district, du conseil général de la commune, du Comité de Salut public et d’un administrateur du Lot ‘; il présida aussi le conseil général de la commune ?, encouragea les différentes autorités à une action vigoureuse #, Plusieurs administrations ne voulurent pas obéir *: dans le Lot, celle du département paraissait décidée à l'énergie ‘, à Montauban même celle du district el la municipalité se montraient très montagnardes ‘, mais dans la Dordogne les modérés étaient au pouvoir et les aristocrates non dépourvus d'influence ”, tous les récalcitrants furent suspendus ou destitués f.
Ce régime n’alla pas sans quelques inconvénients, symplômes fâcheux pour l'avenir. Une défiance, bien naturelle à ce moment, entraîna certains corps administratifs à des dénonciations réci- -proques ?, ou à des mesures trop promptes ‘°. À peine Jeanbon eutil légalement institué le Comité de Salut public de Montauban qu'il lui fallut fixer des bornes à ses pouvoirs déjà envahissants #. Enfin, n’osant se confier aux électeurs pour remplacer les administrateurs qu'ils frappaient, Jeanbon et Lacoste prirent parfois les successeurs de ces derniers dans des corps administratifs plus fidèles !?, avec ce système les administrations vont se recruler les unes dans les autres, et comme le club remplit déjà dans chaque localité le Comité de Salut public et tend à imposer ses candidats pour toutes les fonctions administratives, tous les postes, tous les pouvoirs tomberont entre
1er brumaire an 11, nous empêche de voir l’action exercée sur lui par Jeanbon dans cette période.