NOUVELLE LEVÉE
le 23, le conseil général du Lot ordonnait dans le département le
recrutement de trois bataillons de sans-culottes et de 400 cavaliers,
et un emprunt de 250,000 livres sur les gens fortunés pour en
couvrir les frais. Cet emprunt serait percu de gré ou de force,
de ce contingent le district de Montauban devait fournir 611 hommes,
six commissaires pris dans l’administration du département étaient chargés de lever les recrues et les fonds !.
C'est peu à peu que les représentants avaient été amenés à exiger des populations ce nouveau sacrifice, et l'initiative privée les avait devancés : le 19 avril, le département de l'Hérault avait proposé, pour résister à l'invasion espagnole, une levée extraordinaire dont les éléments seraient fournis sur réquisition directe et nominative adressée aux citoyens les plus patriotes de chaque département par un Comité de Salut public composé de membres des corps administratifs du chef-lieu; les frais en seraient couverts, à défaut de souscriptions volontaires, par « des réquisitions impératives adressées aux particuliers riches ». La Convention avait applaudi à l’idée de cette mesure, et toutefois, comprenant de quel poids elle pèserait sur les citoyens, s'était contentée de l’offrir en modèle à tous par un décret du 27 avril ?. Puis, malgré la tiédeur générale, lémulation s'était emparée des patriotes les plus ardents, Figeac avait offert à Jeanbon un nouveau bataillon de volontaires $ ; à l’instigation du club piqué au jeu par celui de Toulon,la commune de Montauban donnait six cavaliers *; à Montauban, le 4 mai, 100 gardes nationaux à pied et 50 à cheval se préparaient à partir pour, réunis à d’autres du Lot, de la Haute-Garonne et de l'Aude, aller renforcer les posles des Pyrénées, et cette dernière réquisition s’effectuait sans trop de récriminations de la part des intéressés, même des gardes-nationaux à cheval, qui cependant appartenaient à la boutgeoisie riche *. D'autre part, le 7 mai, le Comité de Salut public de la