Décret du 10 mars 1793, Procès-verbal, t. VIL, p
promirent des gratifications aux meilleurs canonniers ! r PONFAPENT aux travaux des ports ?.
Ces mesures avaient élé prises, Ja plupart, sur intervention du Comité de marine dont Jeanbon, Niou, Rouyer étaient les principaux rapporteurs. Nous ignorons sur l'initiative de qui, et à la suite de quelles délibérations dans le sein du Comité. Mais elles n'étaient que la suite des dispositions adoptées par la Constituante et la Législative ; elles reflétaient les idées de toute la Convention, et en même temps celles qui s'étaient fait jour depuis les débuts de la Révolution; elles étaient conformes en tous points aux dispositions d'esprit de tous les révolutionnaires et à leurs principes politiques. Tous détestaient l’ancien régime, le personnel d'officiers de la royauté, ses origines nobiliaires, son esprit de corps, la légende d’orgueil, d'indiscipline et d'ignorance qui se perpétuait sur son compte : institutions, hommes, tendances, la Constituante déjà aurait voulu tout changer. Par contre, le peuple, tel qu’ils le voyaient, le peuple désintéressé, de bon sens imperturbable, de caractère généreux, ce peuple toujours opprimé méritait d’avoir enfin sa place au soleil, et par dessus tout le principe d'égalité commandait de la lui donner *. Il fallait donc mettre le peuple des matelots et ouvriers de la ma-
riue à même de remplir tous les emplois et d'accéder à tous les”
grades. L'élection, le procédé le plus démocratique, désignerait les plus dignes, et les élus remplaceraient avantageusement les suppôts du grand Corps. Ils n'auraient pas à la mer la minutie manœuvrière des ofliciers d'autrefois, mais, comme les hommes et les procédés de recrutement, la tactique devait être nouvelle #, il fallait celle qui convient à des hommes libres, dont usaient depuis Jemappes les troupes de l’armée de terre; l'offensive sans ambages, sans préparation; à l'attaque à la baïonnelte sur les frontières correspondrait sur les mers l’abordage, à l'invasion en pays ennemi le débarquement en Angleterre. Voilà de quelles idées les décrets de la Convention étaient inspirés.
Ces idées, Jeanbon les exposait sans réticences, mais elles ne lui appartenaient pas en propre. Plus tard, les Girondins et leurs historiens les reprocheront à tous les Montagnards et à Jeanbon lui-même. Pourtant un girondin, Kersaint, avait été le premier à demander le recrutement des officiers par l'élection, et le même s'élevait contre l'épreuve du concours imposée par la Constituante aux capitainesmarchands qui voulaient devenir enseignes entretenus, sous prétexte