Décret du 5 mars (ibid., t. VII, p
8. Décret du 22 février votant des fonds au ministre de l’intérieur pour réparation des ouvrages d'art dans les ports (ibid., t. VI, p. 375).
3. Voy. par exemple les considérants du décret du 25 janvier sur les ouvriers de la marine : la « Convention nationale, voulant faire jouir les maitres, contremaitres, aides-ouvriers, des avantages qu’ils ont droit d'attendre du nouvel ordre de choses ».
4. Cf. Saint-Just dans son rapport du 10 octobre 1793 à propos de l’armée : « Tout ce qui n’est point nouveau dans un temps d'innovation est permeieux. L'art militaire de la monarchie ne nous convient plus » (Buchez et Roux, 1. XXIX, p. 169).
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que l'expérience était un titre suffisant et qu’il fallait ouvrir « la marine aux marins et non à l’Académie ! »; le Comité de marine de la Convention avait adopté ces principes et dans les six premiers mois de la session il ne fut pas Montagnard ; c’est Isnard qui a rédigé, après la déclaration de guerre à l'Angleterre, la proclamation de la Convention du 23 février qui recommande la nouvelle tactique ?, et aux approches de la rupture avec le peuple britannique, dans les premiers éclats de colère qui la suivirent, Girondins et Montagnards répétaient à l'envi qu'il fallait attaquer Carthage dans Carthage *. En fin de compte, nous l’avons vu, aucun révolutionnaire n’était l’inventeur de la tactique d’offensive, ils l'empruntaient sans se souvenir de ses origines à cet ancien régime dont ils croyaient renier toutes les tendances, ou du moins à Suffren un de ses plus grands hommes de mer, et des projets de débarquement en Angleterre avaient été caressés par le gouvernement français dans toutes les guerres maritimes du xvir et du xvirr® siècle. ;
Toutes ces idées ont été jugées déraisonnables, stupides même par les officiers de marine qui ont écrit plus tard cette histoire *. Elles élaient cependant, sous leur forme trop absolue, l'expression des besoins autant que des principes du moment. On était bien forcé de faciliter l’accès des hauts grades aux officiers roturiers offerts par la marine marchande, les nobles de la carrière ayant émigré ou restant suspects de-vouloir émigrer; il fallait une tactique très simple à des officiers qui n’avaient pas été à l’école des grands amiraux du passé; on dut enfin se confier aux matelots et ouvriers, pousser les plus méritants, prouver à {ous la sollicitude du nouveau régime puisqu'ils étaient le peuple de la marine et que la Révolution n'avait d'autre appui que le peuple. Assurément, le système de l'élection était une application fort dangereuse des principes démocratiques, mais Jeanbon et les autres conventionnels n'étaient pas hommes à respecter superstitieusement un principe en temps de Révolution si l'intérêt de l'Etat exigeait qu’il fut violé. Les conflits entre les nobles restés en fonctions et les nouveaux officiers, étaient fréquents el très préjudiciables au service, mais ils étaient inévitables et on ne pouvait plus songer à abandonner à la classe nobiliaire la conduite de nos forces navales. Équipages et travailleurs des arsenaux abusaient des ayantages matériels que la Révolution leur avait concédés, les trouvaient