BB#19 fol. 40, 42. Arch. marine
porain ; Les défauts de l’ancien grand corps subsistent : « des officiers généraux se dénoncent comme inhabiles, ambitieux, malveillants, et chaque dénonciation finit assez ordinairement par demander un commandement en chef ou isolé ‘ », Là-dessus, « des clubs interviennent, distribuent la louange ou le blâme, le ministre est requis de prononcer, il esquive par des faux-fuyants ? »..
Les matelots levés ne viennent pas, laissés chez eux par l’insouciance ou la complicité des administrations locales et des employés des classes *, beaucoup préfèrent servir à bord des corsaires et faire des prises lucratives “. Leur insolence est inouïe : lors d’une manœuvre, le vice-amiral Morard de Galles ne peut en réunir trente sur le pont ; l'équipage de !’£xperiment, sur le point de lever l’ancre, exige communication des ordres donnés au commandant ‘. L’ardeur du matelot consiste, disent des officiers, à répéter les mots de « patriote » et de « patriotisme », à crier : « Vive la Nation, Vive la République » après qu’« on les a bien flagornés », et à farandoler à terre coiffés du bonnet rouge 7. D’autres veulent une augmentation de biscuit, émettent des prétentions déraisonnables $. « Il n’y a guère de fond à faire. sur des gens qui prennent la licence pour la liberté et la confusion pour l'égalité », écrit avec tristesse un commandant *. De fait, ce sont toujours les orateurs des clubs tenus à bord, les plus déterminés « motionneurs », qui sont obéis sur le navire, et, M. Maurice Loir nous en montre des exemples très curieux, les matelots
délibèrent sur la conduite de leurs officiers, leur décernent l'éloge.
ou le blâme, un vaisseau n’est plus qu’une république anarchique ‘?.
L'administration présente le même spectacle. Les employés se dénoncent à qui mieux mieux ‘‘; la comptabililé, qui faisait déjà le désespoir des fonctionnaires des finances sous l’ancien régime ‘?, est devenue informe ‘*. Entre l’ordonnateur successeur de l’intendant royal et le commandant des armes héritier du commandant de la
1. « De l'administration générale de la marine ». Paris, 1er mai 1793, déjà cité.