ANARCHIE DANS LES SERVICES
de 300,000 hommmes !, l'administration du Finistère encouragée par - les représentants de ce département ? prenait parti pour les Girondins contre la Montagne: Elle avait emprisonné en septembre 1792 Guermeur envoyé du Conseil exécutif *, elle s’obstinait à le retenir, ne l’élargit qu'à la fin de février 1793 sur un décret dont le vote donna lieu, dans la Convention, aux scènes les plus vives “, et dans le personnel de la marine, par suile de son attitude, on se classait : les réactionnaires avec les Girondins, les démocrates et les hommes de désordre avec les Montagnards. Toutes à leurs passions politiques, autorités et sociétés populaires des villes maritimes commandaient, régentaient au gré de leurs intérêts locaux ou individuels les ofliciers, employés, malelots et ouvriers de la marine. Le 25 janvier, le Comité de Salut public avait chargé un de ses membres « d’un rapport sur la nécessité d'interdire aux corps administratifs et municipaux la faculté de s'immiscer dans les opérations maritimes * », une loi fut votée le 26 dans ce sens f, mais chacun savait que l’Assemblée, déchirée par les factions, n'avait ni le temps ni la liberté d'esprit nécessaire pour faire respecter sa volonté. Les menées cachées des Anglais ajoutaient au désordre 7.
Aussi, tandis que beaucoup d'officiers, soit égoïsme soit inquiétude, refusaient d’embarquer #, les administrations, les clubs en présentaient au choix du ministre d’autres qui étaient absolument incapables ou de sentiments peu sûrs, des agitateurs de club, des déclamateurs indisciplinés. « La nouvelle marine et le peu qui reste de l’ancienne s'exaspèrent réciproquement en s’accusant d'ignorance, d’incivisme el d'incapacité, elles ne se sympathiseront jamais », dit un contem-
furent exécutés à Paris (Buchez et Roux, t. XX VII, p. 232). Voy. Jeanvrot, Révolution française, t. XX VI, p. 249. Armand Taflin, marquis de la Rouarie complota dès 1791, mourut avant la découverte du complot, le 30 janvier 1793 (Biographie universelle).
1. Voy. Laurent, Histoire de la Bretagne républicaine, 1875, in-8, Paris, p. 834.
2. Lettre du 22 décembre 1792 à l'administration du Finistère contre la Montagne, signée : Gomaire, Marec, Guezno, Bohan, J.-T. Guermeur, Kervelegan, Queinnec, Blad (Du Chatellier, Brest et le Finistère sous la Terreur, Paris, 1858, in-8, p. 157 note 1). Adresse du Conseil général du département du Finistère contre «les Marat, les Robespierre, les Danton », lue à la Convention le 6 janvier 1793 (Moniteur, t. XV, p. 71).
3. Claude-Michel Royou, frère cadet de l'abbé Royou, pamphlétare royaliste, né en 1758 à Pont l’Abhé, obligé de fuir à Londres une lettre de cachet, rentré à Paris en 1789 et violent révolutionnaire, se fit appeler Guermeur. Membre du Comité de surveillance de la commune insurrectionnelle du 10 août, chargé le 4 septembre 1792 par le Conseil exécutif et la municipalité de Paris de recherches d’armes et de munitions dans les départements bretons, et de visiter les maisons d’émigrés à Brest et Lorient, mis en arrestation à Quimper par la municipalité (Le Guillon Penanros, L’administration du département du Finistère de 1790 à 1794. Brest, 1878, in-8, pp. 305-320).
4. Décret du 4 mars (Procès-verbal, t. VIT, p.99), après débats du 13 février (Moniteur, t. XV, p. 441).