Nous n’avons pu retrouver ce précis
5. Lettre du 21 mai 1779 de Rabaut-Pomier (Dardier, P. Rubaut, Lettres à divers, Paris, 1892, 2 vol. in-8, t. Il, p. 260, note 3). Synode du Bas-Languedoc du 27 avril 1779, refusant de céder Rabaut Pomier à l’église de Bordeaux (Hugues, t. III, p. 263).
6. Ce document porte, d’une écriture autre que celle dont il est rédigé, la date du 13 décembre 1778; il est signé L. L. sans nom de destinataire (Arch, du Consistoire de Bordeaux).
22 ___ JEANBON PASTEUR A CASTRES
Le pasteur Gâches peut avoir été pour quelque chose dans cette série d'événements. Mais l’homme qui a réellement conduit les hosti- : lités contre Saint-André, c’est un des pasteurs de l'église de Bordeaux même, Olivier Desmont; il écrit effectivement à Rabaut Saint- Étienne en juin 1779 : « La fermeté de notre Consistoire a un peu étonné les partisans cabaleurs de M. Saint-André... Ce sujet n'avait pas généralement plu, et, entre nous soit dit, son ton dogmatique et absolu avait singulièrement déplu ! », et, quelques jours après, â Rabaut Pomier : «Il faut à cette Église un sujet doux autant qu’éclairé, prudent autant que ferme, ami de la paix autant qu'honnête ? ». Dans ces quelques lignes nous trouvons, et le mot de l'énigme, et un jugement sur Jeanbon dont il nous faut d'autant plus tenir compte que, par ailleurs, Olivier Desmont a fait constamment preuve d’intelligence et de conscience, et que sa vie fut en tout point honorable 3. Nous en déduirons que si Jeanbon Saiut-André, dans l’administration des églises, se conduit en homme d’aultorité et en homme d'action, il est, comme il arrive souvent, trop convaincu de sa supériorité, se pousse par suite sans ménagement, aflirme ses idées d’un ton tranchant, sous des formes très absolues qui le font taxer de mysticisme, et accable de son mépris, de son ironie sarcastique, les opinions de ses adversaires. À des natures de ce genre, ceux qui les comprennent et les admirent ne marchandent pas leur dévouement, et. pardonnent l’intransigeance de leur pensée, elles s'imposent aussi à la foule des êtres neutres voués à la passivilé; par contre, leurs allures révoltent certaines âmes réservées et scrupuleuses, offusquent également les petites vanités, et provoquent la coalition des esprits médiocres.
De tels conflits sont alors fréquents : lorsqu'on parcourt les procès- . verbaux des synodes du désert, on convient avec leur savant éditeur qu'ils présentent le spectacle «de bien pauvres querelles “ », et la correspondance de Paul Rabaut de Nîmes, le plus considéré des pasteurs de l’époque, avec toutes les églises , nous donne la même impression pasteurs et fidèles, consistoires et synodes, se
1. Lettre du {7 juin 1779 (Papiers Rabaut, III K., Correspondance, 1779-1782, p. 18. Bibl. de la Société de l’histoire du protestantisme français).