‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 28 sur 889 · Voy. Hugues, t. III, p · texte numérisé non relu

Voy. Hugues, t. III, p

4. Lettre adressée de Castres le 1tr juillet 1778 à M. Bagel aîné, rue de l’Intendance à Montauban (Bulletin de la Soc. d’hist. du protest. français, 1894, p. 346).

5. Pétition « à Messieurs les pasteurs et anciens de l'église de Bordeaux assemblée en Consistoire » (Arch. du Consistoire, Bordeaux).

6. Registre des assemblées consistoriales de lEglise réformée de Bordeaux, 1753- 1797 (Arch. du Consistoire).

7. Il est désigné nominativement dans la séance du Consistoire du 6 août (même registre). Rabaut Pomier (pour plus de détails voy. la notice que lui a consacrée M. A. Lods. Paris, Fischbacher, 1893, in-8, 24 p.), né en 1744 à Nimes, deuxième fils de P. Rabaut, étudia à Lausanne, prêcha pour la première fois à Nimes en 1764, fut de 1770 à 1772 pasteur à Nimes, puis à Montpellier où il devina le premier l'utilité de la vaccination ; membre de la municipalité de Montpellier en 1790, élu à la Convention par le Gard, incarcéré comme ayant fait partie des soixante-treize, rentré à la Convention le 18 brumaire an III, membre des Anciens, rallié au 18 brumaire, pasteur à Paris le 24 février 1803, membre de la Légion d'honneur, rallié à Louis X VIII, exilé comme régicide en 1816, autorisé le 11 février 1818 à rentrer dans ses foyers, revint à Paris pour y mourir le 16 mars 1820.

« M. Saint-André est un Sujet rare, doué de grands talents, et tel en ‘un mot que les églises réformées ont peu de pasteurs d’un mérite aussi éminent, qu’un pasteur qui n’est pas connu à Bordeaux ne peut pas raisonnablement entrer en concurrence avec M. Saint-André qui s’y est fait connaître de la manière la plus avantageuse, puisque c’est en sa faveur uniquement que les signataires ont offert et offrent encore une augmentation de contribution t ».

- Notre héros a donc de sérieux appuis dans la communauté bordelaise, des amiliés qui datent peut-être de son passage dans la marine marchande. Parmi les signataires de la lettre ci-dessus, on lit le nom de Pierre Sers, le grand armateur, que nous retrouverons plusieurs fois au cours de ce récit ?. Jeanbon fait d’ailleurs, dans le même temps, un voyage à Bordeaux, sans doute pour réchauffer le zèle de ses défenseurs *. Le Consistoire s’adjoint alors douze notables et fait rédiger, pour s’éclairer, « un précis de toutes les notions qu’on aura acquises sur le talent, le caractère et les mœurs » des « deux concurrents * ». Puis, le 13 août 1778, il élit Rabaut Pomier pasteur de l'église de ne Quatre mois après, comme Rabaut Pomier ne peut venir *, un anonyme adresse un long factum au Consistoire ‘: il y proteste contre une décision qui, «au mépris de la demande (faite par un certain nombre de personnes respectables) d’un pasteur tel, à beaucoup d’égards que nous devions le désirer, avait fait prévaloir l'opinion de quelques individus qui en voulaient un autre, ou qui, pour mieux dire, ne voulaient pas celui-là. J'ai vu, dit-il de Jeanbon, quatre lettres différentes dans lesquelles on parle de lui comme d’uu génie de premier ordre ». Et il attribue, sans l’affirmer, l'échec de son candidat aux calormnnies du pasteur Gâches, qui « soit jalousie de ses talents, soit pour des motifs plus bas encore, nourrit contre son confrère une haine implacable... », et qui l'aurait accusé de « mysticisme ». Il conclut en demandant que le Consistoire s'adresse de nouveau au pasteur de Castres, puisque Rabaut Pomier ne vient pas. Il ne sera donné aucune suite à ce projet.

1. Lettre du 21 juillet 1778 à quatre anciens de l’église de Bordeaux (Arch. du Consistoire, Bordeaux).

2. Pierre Sers, né à Plégades (Tarn), le 10 mai 1746, ministre protestant à Nimes dans sa jeunesse, d’après Bernadou (Tablettes chronologiques mss., Bibl. commun. Bordeaux), armateur et officier municipal à Bordeaux, député de la Gironde à la Législative, président du Directoire du département de la Gironde sous la Convention, nous le retrouverons au cours de ce récit. Sénateur en l’an VIII, commandeur de la Légion d'honneur en l’an XII, comte de l’Empire en 1808, mort en 1809 (Dictionn. des parlementaires français).

3. Jeanbon à Bagel, à Montauban, 1er juillet 1778, déjà cité.’

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