Aulard, Actes du Comité de Salut Public, t. III, p
° 8. Instruction du Comité du 7 mai. Circulaire de Dalbarade aux officiers de l'administration de la marine et aux municipalités. Paris, 11 mai. Arch. commun. Toulon, carton : marine 1793-1794. Cf. l'ordonnance royale du 25 mars 1765 recommardant d’approvisionner la marine sur place.
9. Décret du 8 avril supprimant le droit de frêt pour le grand cabotage par les navires étrangers (BB3 35 fol. 99). Arrêté du Conseil exécutif du 15 avril arrêtant une proclamation pour assurer assistance et protection aux navires suédois. (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. III, p. 267) ; arrêté du même, du 16 avril pour encourager l'apport de subsistances par les neutres (ibid., p. 284). Décret du 9 mai : les corsaires et navires de guerre amëneront dans nos ports les navires chargés de comestibles appartenant aux neutres, et le prix de la cargaison sera payé à ceux-ci sur le pied de sa valeur dans le lieu de destination (Moniteur, t. XVI, p. 351).
Un décret du 14 mai exempla du recrutement le personnel des fonderies, manufactures d'armes et fabriques de toile à voiles de la marine !.
Des croisières furent décidées pour protéger la côte de Dunkerque à Granville et pour assurer le cabotage le long du littoral ?; des batteries côtières, des batteries flottantes devaient compléter ce système de défense *. Enfin, Dalbarade dressa un plan d’opérations: le 3 mai : la croisière sur les côtes de Vendée était maintenue de toute nécessité; l'expédition de Kerguelen, celle pour les îles du Vent, une autre dont la destination était tenue secrète devaient partir à bref délai ‘. Un projet de débarquement en Angleterre par l'armée de Wimpfen rassemblée en Normandie et dite armée des côtes de Cherbourg absorberait les autres ressources * ; ce projet était parfaitement téméraire, mais, sous l’ancien régime, Choiseul en avait formé un semblable avec une marine aussi délabrée, et, nous le répétons, les conventionnels avaient l’idée fixe d'attaquer Carthage dans Carthage. Il y eut ainsi, durant avril et mai 1793, un premier et réel effort pour relever notre marine. :
Cependant l’anarchie datait de trop loin, s'était trop bien orga- -“nisée pour qu’on y apportât promptement remède. Les dissentiments dans le corps des officiers subsistaient. L'établissement des cadres conformément à la loi du 18 mars soulevait mille difficultés : les candidats indiqués au ministre étaient généralement de beaux parleurs ineptes, ne possédaient même pas les minces états de service requis, les officiers de valeur étaient la plupart entachés d’incivisme ; harcelés de dénonciations et de réclamations, ayant à refondre en pleine guerre les états-majors de l’armée navale, ne voulant pas choisir à la hâte et au petit bonheur, Dalbarade et ses adjoints n’en finissaient pas, et même leurs choix n’élaient pas meilleurs que ceux de Monge et Périgny. C’est ainsi qu’en juillet le corps de santé établi depuis le mois de janvier sur le papier ne sera pas encore constitué, c’est ainsi que des officiers comme l’amiral Trogoff, commandant lescadre
1. Moniteur, EX pe 396 2. BB 40 fol. 6-49, mission donnée au capitaine de vaisseau, Bourdon- Gramont. 3. Instruction du ? mai du Comité de Salut public aux représentants du peuple. 4. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. II, p. 580. Nous n'avons pu pénétrer le but de cette expédition secrète, elle devait être composée de trois vaisseaux aux ordres du contre-amiral Landais, revenu de Toulon à Brest. 5. Annoncé dans linstruction du Comité de Salut public aux représentants du peuple du 7 maï: Prieur de la Côte-d'Or, Defermon et Rochegude avaient formé le 12 avril un Comité militaire à Bayeux ; le 19 mai Prieur de la Marne, Romme et Lecointre établissent daccord avec Wimpfen et ce comité le plan d'organisation d’une armée dite des Côtes de Cherbourg et forte de 25,000 hommes, et en l’annonçant aux corps administratifs ils rappellent que « le camp de Vaussieux près de Bayeux en 1779 porta l’alarme et la consternation à Portsmouth et à Londres » (Arch. nat. AF1r 120). Wimpfen (baron de), né en 1744 à Minfeld (Bas Rhin), officier wetraité comme bri- ‘ gadier lors de la Révolution, député de la noblesse du bailliage de Caen aux Etats- Généraux, défendit Thionville en 1792. Se cacha à Bayeux après sa défaite de Pacy sur
‘ Eure, le Consulat lui rendit son grade de général de division, mort à Bayeux en-1814 (Dict, des Parlementaires);