Aulard, Jacobins, t. V, p
Séchelles, Delacroix, un Montagnard sans attaches définies Cambon, et Ramel ‘, Mathieu ?, Delmas *, Guylon ‘, de tempérament moins accentué, enfin Barère personnage sans convictions.
Le 13 juin, en séance du Comité de Salut public, Delmas fit adopter à ses collègues un plan d'organisation du travail qui les distribuail en six sections. Jeanbon était placé avec Guyton dans la quatrième et chargé de la marine ÿ. Ce qu’il y fit, nous l’examinerons dans un des chapitres suivants. Ce n’est pas non plus ici le moment d’étudier en détail le fonctionnement du Comité de Salut public, ni ses rouages, ou les collègues de Jeanbon et leurs rapports avec lui. Le Comité où il entrait fut éphémère. C’est le 10 juillet que sera nommé, c’est en
août et septembre que sera complété et rendu tout puissant le Comité.
qui subsistera jusqu’au 9 thermidor et qui, aux yeux de la postérité, sera chargé de toutes les responsabilités et de toutes les gloires du gouvernement révolutionnaire. C'est donc alors que nous l’étudierons.
Il suffira de rappeler ici, qu’en attendant la mise en pralique de la Constitution de 1793, les administrations départementales et locales étaient presque indépendantes du pouvoir central, que le Conseil exécutif provisoire détenteur de ce pouvoir n’arrivait pas à se faire obéir d'elles, qu’en conséquence la Convention avait institué des missions de représentants du peuple investis d’une véritable dictature sur les administrations dans les départements où ils étaient envoyés, puis avait établi successivement un Comité de Défense générale et un Comité de Saiut public chargé du pouvoir exécutif central au-dessus du Conseil exécutif. Le Comité de Salut public, pouvoir exécutif suprême, avait donc sous ses ordres les ministres et les admiaistralions locales. Mais les conventionnels en mission, représentants du peuple au même titre que ses membres, ne relevaient que de la Convention, lui-même était soumis à cette assemblée dont il tenait
1. Ramel de Nogaret, né à Montolieu (Aude), en 1760, avocat du roi au présidial de Carcassonne, député du Tiers de cette sénéchaussée aux Etats généraux, président du tribunal de Carcassonne, député de l'Aude à la Convention et aux Cinq-Cents, ministre des finances du 25 pluviôse an IV au 2 thermidor an VIL, préfet du Cantal aux Cent Jours, banni comme régicide en 1816, mort à Bruxelles en 1829 (Dict. des Parlementaires).
2. J.-B. Charles Mathieu de Mirampal, juge au tribunal du 17 août, député de l'Oise à la Convention, membre des Cinq-Cents, commissaire de l’administration centrale du département de la Seine, membre du Tribunat, directeur des’ droits réunis dans la Gironde en 1804 (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. I, p. 272).
3. Delmas, né à Toulouse en 1751, officier de milice à Toulouse, élu de la Haute- Garonne à la Législative, à la Convention, aux Anciens, mort fou à Paris en 1798 (Dict. des Parlementaires).
4. Guyton-Morveau, né à Dijon en 1737, avocat général au Parlement de Dijon; donna sa démission pour travailler la chimie, député de la Côte-d'Or à la Législative, puis à la Convention, député de l’Ille-et-Vilaine aux Cinq-Cents, professeur puis directeur à l'Ecole polytechnique, membre de l'Institut depuis 1796,.baron de l'Empire, destitué de ses fonctions par la Restauration, mort. en 1816 (Dict. des Parlementaires).