PROGRÈS DE L'INSURRECTION
brutalement la bouche à un phraseur, déclara le temps trop précieux pour le perdre en discours académiques ‘. Le 95, il s’unit à Robes- « pierre pour faire ajourner le rapport de Saint-Just sur les députés girondins détenus, rapport inscrit à l’ordre du jour du 26, composé au temps où prévalait dans le Comité de Salut public la clémence, et que réclamait instamment la droite ?.
L'évolution des idées de Jeanbon se marque bien dans une lettre que le 26 juin il écrivit à Sarire, surtout si on compare cette lettre
à celle qu'il a adressée le 18 juin à Filsac : « Qu'on ne s’y trompe
pas, mon ami, dit-il à Sartre, ce n’est point la cause des individus arrêtés que plaide telle ou telle administration ; non, quelques hommes n'excitent point tant de débats, c’est la République que l’on veut détruire; ce sont de petits états indépendants que l’on veut créer; en un mot, c’est le fédéralisme que l’on veut réaliser pour nous ramener par lui au despotisme ». Quant aux députés girondins : « ils sont innocents, je veux le croire pour un moment ; dans ce cas, que devaient-ils faire? attendre le rapport de la Convention nationale, préparer leurs moyens de défense et de justification, n’employer d’autres armes que celles de la raison et de la vérité; alors, on eût pu les regarder comme victimes de l’erreur et des préjugés, et cette opinion favorable eût été celle non seulement des ciloyens des départements, mais encore, j'ose vous l’assurer, celle de la presque totalité des membres de la Convention nationale, de ceux-là même à qui leur énergie a valu tant d’imputations absurdes, mais qui néanmoins sont justes et veulent la justice ». Puis, montrant que les Girondias ont été au contraire des fauteurs de guerre civile : « Eh quoi ! un fils injustement puni par sa mère s’armet-il d’un poignard pour lui déchirer le sein ? la nature se révolte et s’indigne d’une telle atrocité. » D'ailleurs, « le complot fédéraliste est - prouvé par des actes antérieurs au décret d’arrestation : Souvenezvous que la proposition de rassembler les suppléants à Bourges a été faite longtemps avant le 31 mai et qu'avant cetle même époque, quoique la proposition eut été rejetée par la Convention, quelques administrateurs de département avaient arrêté l’envoi de leurs suppléants à Bourges ». fl existe un plan de contre-révolution, « ce qui aurait dû ne pas laisser le moindre doute, c’est de voir partout les aristocrates les plus déshontés se rallier à ce parti ». Et Jeanbon s'étonne qu'avec les aristocrates les prêtres constitutionnels se soient joints aux fédéralistes, « eux qu'un mouvement rétrograde dévouerait aux plus cruels supplices... Ils n’ont donc pas lu les manifestes des révoltés’ de la Vendée ; ils ne savent donc pas que leur perte est jurée » ?