Hamel, Robespierre, t. IT, p. 81 et note
13 juin, lorsque dans le Comité da Salut public Danton a été chargé de la politique extérieure, ce sont les Robespierristes du Comité qui l'ont jeté dans la diplomatie pour le perdre, bien que Delmas, celui qui fit établir cette division du travail, ne fût pas le moins du monde des créatures de Robespierre ‘. Le 8 juillet, aux Jacobins, quand Chabot, un Hébertiste, a attaqué Danton (il ne l’a pas nommé parmi les trois du Comité qui seuls trouvaient grâce à ses yeux), il est bien
vrai que Robespierre n’a soutenu le Comité de Salut publie qu'avec
réticences ?. Mais, le 9 juillet à la Convention, dans son rapport sur Montpellier, Jeanbon justifie chaleureusement Danton des calomnies
des fédéralistes *, Dira-t-on que Jeanbon attaque Danton en défen-
dant Rossignol contre Biron? M. Chassin appelle, en effet, Biron
« le protégé de Danton “ ». Mais le conventionnel qui aide Jeaubon
et Robespierre à défendre Rossignol, c’est Danton d’après le Moni-
teur 5! Si, Le 10 juillet, Jeanbon prend à partie Westermann, créature
de Danton, l'incident n’a pas le caractère d’une attaque contre ce
dernier, car c’est un ennemi de Danton, Chabot, qui se fait l'avocat
de Westermann f. Enfin, c’est le plus fougueux des Dantonistes,
Camille Desmoulins, qui mène la campagne contre ce Comilé de
Salut public où siège Danton, tandis qu'aux Jacobins le même jour, à
propos d’une affaire survenue à Toulon et dont nous reparlerons,
Robespierre défend le Comité de Salut public et Danton avec une
vigueur, une puissance de sarcasme que, pour notre part, nous Cro-
yons très sincères : il s’irrite des dénonciations dont on accable le
Comité de Salut public, il demande que « la farce cesse », et il s écris .« un homme est en place, il suffit, on le calomnie ?
Dans son compte rendu à ses commettants, écrit en floréal an II, c’est-à-dire moins de deux ans après et alors que les témoins ne manquaient pas, Barère explique ainsi le scrutin du 10 juillet : « Depuis quinze jours on disait à la Convention, sur les bancs et dans les réunions particulières, que le Comité de Salut public n’était pas « au pas de la Révolution ». Les amis de Danton répétaient « que nous n’étions pas à la hauteur des principes »; Robespierre, fier des adresses approbalives du 31 mai et rassuré sur son attentat par l'opinion qu’il dictait lui-même, Robespierre disait hautement que le Comité de Salut public était le seul qui improuvât le 31 mai et qu'il fallait en renou-
1. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. IV, p. 540; Sorel, IIIe partie, p. 145.