JEANBON RÉÉLU PREMIER AU COMITÉ
incapacité les désastres de l’armée de Vendée et la surprise du camp
de Famars à la frontière du Nord : « Je conclus au renouvellement du
Comité, et je demande qu'il ne s’érige plus en chambre haute et qu’il ne royalise plus ses fonctions. — Je ne m’oppose pas au renouvellement du Comité de Salut public, répliqua Jeanbon, mais j'annonce à l’Assemblée que s’il n’est pas investi de sa confiance il faut l’anéantir, Jamais le Comité n’a eu le ridicule orgueil de vouloir se former en chambre haute, il n’a jamais oublié qu’il n’est qu’une émanation de la représentation nationale. » Interrompu, il reprit : « on se plaint du secret que met le Comilé dans ses délibérations, mais l'importance des matières qui y sont traitées l'exige ; encore une fois si le Comité est mauvais, anéantissez-le : mais si vous le conservez, ne l’avilissez pas. » Camille veut se venger, vint dire Bréard, naguère membre du Comité, parce que le Comité a refusé à son ami, l’aristocrate Dillon, le commandement de l’armée du Nord. En réponse, Camille accusa Delmas de s’être approprié les plans de Dillon. L'assemblée termina la discussion devenue confuse par le renvoi à une séance du soir du renouvellement du Comité !.
En conséquence, le 10 juillet au soir, il fut procédé au vote, et par appel nominal furent élus membres du Comité de Salut public : Jeanbon Saint-André par 192 voix, Barère par 192; suivaient Gasparin 178 voix, Couthon 176, Hérault-Sechelles 175, Thuriot 155, Prieur de la Marne 142, Saint-Just 126, Robert Lindet 100 ?. Étaient exclus du Comité par ce vote Danton et son ami Lacroix, Cambon et Berlier, Delmas, Guyton, Ramel les membres les plus tièdes; y restaient Jeanbon, Gasparin, Robert Lindet, celui-ci rentré au Comité le 20 juin en place de Mathieu, Couthon et Saint-Just; y entraient pour la première fois Prieur de la Marne, Thuriot.
Ce scrutin a été considéré par plusieurs historiens comme une défaite pour Danton, une victoire pour Robespierre, et dans les incidents de séance qui le précédèrent on a relevé des manœuvres de Robespierre pour grouper la majorité contre Danton. Hamel au contraire a protesté de l'innocence de Robespierre, déclaré que son attitude avait été très réservée *. Nous croyons ces deux affirmations trop absolues l’une el l’autre.
Où y a-t-il trace d’une coalition contre Danton ? Admettons qu’au
1. Moniteur, t. XVII, pp. 92-95. Intervention de Jeanbon, p. 93. Robespierre, le 16 juin, avait fait rejeter aux Jacobins une motion de Terrasson tendant à réclamer de la Convention la publicité des séances de tous les Comités sans distinction.
2. Procéès-verbal, t. XVI, p. 32; — Moniteur, t. XVII, p. 95.