SIGNIFICATION QU'A SA REÉLECTION
veler les membres incessamment 1,» La campagne qui aboutit au renouvellement du Comité de Salut public n’était donc pas spécialement dirigée contre Danton, elle n'avait pas pour but précis son exclusion du Comité. Robespierre désirait des changements dans le
-Comité, les Dantonistes également, et entre les uns 7 les autres la
majorité des Montagnards souhaitait aussi ce renouvellement sans aucune arrière pensée de servir telle ou telle faction, simplement parce qu’elle jugeait le Comité de Salut public usé, inférieur aux circonstances. Jeanbon ne s’est montré ni robespierriste ni dantoniste dans la période qui a précédé le scrutin, et le Comité de Salut public
est tombé parce que toute la Montagne a voulu sa chute.
Les résultats du scrutin donnent la même impression. Visiblement, seule la Montagne à pris part au vote, le nombre des abstentions est énorme, Jeanbon et Barère têtes de liste n'ont pas réuni 200 voix, Lindet, le dernier élu, en a eu 100. La Montagne, après avoir réduit au silence le reste de l’Assemblée, a constitué un Comité de gouvernement presque exclusivement montagnard. Tous les membres du nouveau Comité sont des énergiques, sauf Barère, et
celui-ci est conservé sans doute parce qu’il est homme à tout faire et
propre à tout faire. Ont été réélus les trois membres du précédent
- Comité qui voulaient une politique de vigueur. Le nouveau Comité
certainement n’est pas Dantoniste, Danton en est exclu, ses partisans n’y sont qu'au nombre de deux et de valeur médiocre : Hérault, tête légère, volonté faible, Thuriot, personnage plus vindicatif qu’audacieux ? ; mais il n’est pas robespierriste non plus : il ne compte que deux membres de cette faction, et l’un deux, Saint-Just, le séide gourmé de Robespierre n’a été élu que lavant dernier ; la majorité appartient aux Montagnards indépendants qui ne sont inféodés à aucune coterie et ne portent aucune étiquette : Jeanbon, Gasparin, Prieur de la Marne, Robert Lindet *. Jeanbon a élé élu le premier précisément parce qu’il représente la tendance à l'énergie et rien autre, parce que depuis un mois il a préconisé la guerre au fédéralisme, parce que le jour même il s’est montré homme de gouvernement, sacrifiant les individus suivant son expression pour sauver les principes, se souciant moins de défendre le personnel du Comité de Salut public que de maintenir à celui-ci l'autorité nécessaire pour diriger les affaires ; en outre, il a tenu tête aux adversaires de l'institution. même, et les assemblées comme les foules aiment qui leur fait face résolument.
Nous n’irons pourtant pas jusqu’à dire que Robespierre a manœu-