‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 322 sur 889 · Barère, Mémoires, t. II, p · texte numérisé non relu

Barère, Mémoires, t. II, p

2. Danton sera président de la Convention après Jeanbon à partit du ?5 juillet, il recevra cet honneur peut-être comme fiche de consolation (Guiffrey, Les Conventionnets, Introduction, p. xxxn).

3. Songer qu'à ce moment Dubois Crancé, le type du montagnard indépendant et méfiant vis-à-vis de Robespierre, Dubois- Crancé ami de Jeanbon, a été chargé de réduire l’insurrection de Lyon; le 12 juillet par décret (Procès-verbal, t. XVI, p. 105),

vré pour faire élire un tel Comité sans visées personnelles, et qu'il ,

n’a pas trouvé dans ce scrutin de quoi favoriser son ambition. Un fait qui s’est passé à peu près dans le même temps met sa tac-

tique en pleine lumière. Le 3 juillet, la Convention avait écarté le plan

d'instruction publique, œuvre de Sieyès et Lakanal, el décidé la substitution au Comité d'instruction publique d'une « Commission » chargée d'élaborer un nouveau projet ‘. Elle avait agi à l’instigation de Robespierre qui désirait dominer dans cette « Commission » et qui devait en son nom présenter et défendre, le 13, le plan d'instruction de

Lepeletier. Pourtant, lorsque le 6 fut nommée la Commission, les

membres choisis par le bureau de la Convention furent Jeanbon, Lavicomterie, Saint-Just, Rühl, Lakanal et Grégoire ?; Robespierre n’y figura pas. Craignant de paraître s'imposer, il laissait recruter la Commission parmi des hommes de second plan, se contentait de

leur adjondre son fidèle Saint-Just. Puis, dès qu’à la suite de leur .

élection au Comité de Salut public le 10, Jeanbon et Saint-Just quittèrent la Commission, Robespierre s’y glissa et de suite y fut prépondérant *. De même, croyons-nous, il se sera contenté d’abord d’écarter Danton du Comité de Salut public, d’y maintenir Couthon et Saint-Just pour s’en ménager l'accès, et sa prudente ambition se sera effacée devant Jeanbon, Gasparin, Prieur de la Marne et Robert Lindet. Mais ceux-ci, pour asseoir l'influence du nouvéau Comité dans la Convention et aux Jacobins auront besoin du concours de Robespierre et Robespierre va se tenir en marge pour ainsi dire du Comité, lui imposant sa protection jusqu’à ce qu’il saisisse ou provoque l’occasion d'y pénétrer sans éveiller les défiances. L'équilibre du Comité de Salut public du ‘10 juillet entre Dantonistes et Robespierristes est instable, ne pourra subsister plus de seize jours, au

bout desquels le Comité de Salut public sera obligé d'appeler Robes-

pierre et de le subir.

Jeanbon put constater immédiatement que Robespierre était déjà

dans le Comité « invisible et présent ». Au lendemain même de son

élection, le 11 juillet, il dut laisser Couthon faire à la Convention, sur l'insurrection de Lyon, un rapport absolument contraire aux idées de Dubois-Crancé envoyé devant cette ville *. Dubois-Crancé, ami de

1. Guillaume, Procès-verbaux du Comité d’'Instruction publique, t. I, Introduction p. 54. Lakanal Joseph, né à Serres (Ariège) en 1762, prêtre et professeur de la Doctrine chrétienne, vicaire de l'évêque constitutionnel de l'Ariège, député de l'Ariège à la Convention, membre du Conseil des Cinq Cents, membre de l’Institut, Commissaire du Directoire dans les départements de la rive gauche du Rhin, professeur d’École centrale, économe du lycée Bonaparte, inspecteur général des poids et mesures en 1807, banni à la Restauration comme régicide, réfugié aux Etats-Unis, revenu eu 1830, mort en 1845 (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VIE, p. 301, note 1).

2. Procès-verbal, t. XV, p. 201. Noter cependant que le bureau a été chargé de faire la liste des membres de cette commission et qu’il n’est pas composé de robespierristes : le président est Thuriot, les secrétaires sont Delacroix, Gossuin, Laloy jeune, Lindet, Billaud, Levasseur.

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