ROBESPIERRE ARBITRE DE LA SITUATION
alors les hommes vertueux viendront dans votre sein, ils vous embrasseront, et nous ne ferons plus qu’une même famille D Au Comité, Jeanbon rendit à Barère les rapports à présenter con- 2 tre les fédéralistes, et, en dehors des questions maritimes, il ne paraît . avoir suivi spécialement que les agitations fédéralistes de Toulon qui . intéressaient au plus haut point les services maritimes, ainsi que les troubles de Montauban dont nous reparlerons, et l'affaire de l’arrestation de Custine ?. Encore son intervention dans cette question . ne peut-elle être affirmée: Custine, passé du commandement de l’armée du Rhin à celui de l’armée du Nord, mandé à Paris le 12 juillet par le ministre de la guerre Bouchotle, y arrivait le 18, était décrété d’arrestation par la Convention le 22 sur rapport de Basire au nom du Comité de Sûreté générale, d'accusation le 28 sur rapport de Barère au nom du Comité de Salut public. Jeanbon, le 9 juillet, dans son rapport sur Montpellier, avait mentionné le bruit répandu par les . fédéralistes que Custine leur était favorable, et y avait répondu : «J'aime à croire que Gustine sera fidèle à ses devoirs, mais s’il osait - méconnaïtre la représentation nationale, vous vous souviendriez de Lafayette et de Dumouriez ». Ce fut lui, d’après une parole de Desfieux
aux Jacobins le 23 brumaire, qui, au nom du Comité de Salut public,
chargea Drouet, membre du Comité de £üûreté générale, d'arrêter . Custine. Maïs Thuriot a revendiqué cette responsabilité pour Prieur de la Marne et pour lui-même *. Quoi qu’il en soit, Jeanbon crut à la culpabilité de Custine, nous le verrons plus loin. Les origines nobles de ce général, le mépris avec lequel il traitait le ministre de la guerre Bouchotte, une défiance trop justifiée après les trahisons de Dumou- riez et de Wimpfen, indisposaient Jeanbon contre lui, Custine ayant prescrit pour armer le camp de la Madeleine de désarmer la place - de Lille, on l’accusa de vouloir trahir, Jeanbon n’en douta pas et il L est responsable de la perte de Custine autant que les autres membres | du Comité.
- C'est aux fails que nous venons d’énumérer que s’est réduit le rôle de Jeanbon au moment où il semblait avoir acquis une si grande - place *. Le Comité de Salut public vivait alors d’une existence précaire. Ses moyens d'action sur la Convention et sur le pays étaient faibles, faute d’une centralisation suflisante. Les révolutionnaires étaient inquiétés au plus haut point par l'insurrection girondine baltue en Normandie à Pacy-sur-Eure le 13 juillet, mais victorieuse