Moniteur, t. X VII, p
Just sar les Girondins détenus considérablement aggravées et votées par l’assemblée !; le lendemain, arrestation du président du tribunal révolutionnaire trop indulgent ?, el, le 31, augmentation du nombre des juges de ce tribunal, mesure inquiétante pour laquelle Jeanbon fut
le rapporteur du Comité 3, Mais un fait prouve combien Robespierre
s'imposa rapidement aux Montagnards indépendants du Comité, et à Jeanbon en particulier. Le 31 juillet, Jeanbon lut à la Convention un rapport sur La Marlière, « rédigé d’après les notes de Lavalette, de Dufresse et de Calandini* », et marqué d’une âpreté singulière. Il concluait à innocenter les trois accusateurs de La Marlière et à reuvoyer au tribunal révolutionnaire, comme prévenu de complot contre la République, l’infortuné La Marlière, qui, le 26 novembre (6 frimaire, an IT), payera de sa tête sa fidélité à Custine et son opposition aux affidés de Robespierre ÿ. Les événements précédents
montrent que Robespierre fut l’inspirateur de ce rapport, son auteur
véritable, et Barère le confirme ; c’est l'opinion de Robespierre sur toute l’affaire qui aura montré à Jeanbon dans La Marlière un complice de Custine, un traître, un adversaire de la patrie digne d'être dénoncé, poursuivi sans pitié.
L'entrée de Robespierre au Comité avait un avantage, elle forti-
1. Moniteur, t. XVII, p. 268. La Convention décrète d'accusation onze des députés :
détenus, dont to au lieu de cinq.
2e Arrêté du Comité de Salut public, contresigné par Jeanbon (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. V, p. 413). Le même jour, à la Convention, Jeanbon appuie la proposition de Billaud de traiter en émigrés tous les individus qui sont allés sans motif légitime dans les villes en révolte (Moniteur, t. XVII, pp. 268-269).
3. Le 30, Prieur de la Marne, au nom du Comité de Salut public, avait fait décréter l'établissement d’une 2e section du tribunal révolutionnaire. Jeanbon, le 31, au nom du Comité de Salut publie, dit que ce décret présente-des inconvénients et il fait voter l'augmentation du nombre des juges pour mettre le tribunal dans la possibilité de se diviser en deux sections lorsque les circonstances l'exigeront (Moniteur, t. XVII, p. 277). Le nombre des juges fut porté de sept à dix, celui des substituts de deux à trois, celui des jurés à trente (Campardon, Le tribunal révolutionnaire de Paris, 1 LHpres.
4. Moniteur, t. XVII, pp. 883-284. Chuquet, Valenciennes, pp. 228-231. Noter qu'un mot contenu dans une lettre écrite en anglais, saisie et lue par Barère à la Convention le 1 août, dut augmenter la suspicion du Comité de Salut public vis-à-vis de La Marlière, il portait qu'il fallait s'entendre avec un certain C qui « étant ami de La Marlière pourra nous procurer un double » (Buchez et Roux, t. XX VIIL, p. 383). Voy. aussi Aulard, Jacobins, séance du 28 juillet, t. V, p. 820. Noter aussi que le 27 juillet Jeanbon fit décréter par la Convention peine de mort « contre ceux qui mettraient des mèches artificielles sous les caissons pour les faire sauter » (Moniteur, t. XVII, p. 255). C'était un des procédés employés par les héros à 500 livres dans la guerre de Vendée pour déterminer une déroute qui leur permettrait de fuir. Voy. Louis Blane, L'XS pr enre