JEANBON ENVOYÉ EN MISSION AUX ARMÉES HS
civisme, peut-être très sincères, des administrateurs punis !, tandis que les corps constitués de Cahors feront amende honorable ?, et que Sartre, qui est demeuré éloigné du Lot après la dissolution du Comité central de Narbonne, sera inculpé de fédéralisme *,.
Parmiles révolutionnairesmontalbanais, certains, quiavaient ajouté foi aux accusations lancées contre le Comité de Surveillance, adhérérent au décret de la Convention en se disant que l’Assemblée ne pouvait errer, et ils conclurent mélancoliquement : « dans la circonstance présente, on ne peut compter sur personne * ». La Société populaire, définitivement ralliée à la Montagne, écrivit à Jeanbon, le ? août, une
- lettre de remerciements chaleureux, où se trouvent ces paroles curieu-
ses à propos de la manufacture d'armes : « C’est là que l’industrie active pourra s'exercer sans dépendre de celui qui l’exerce el sans-lui faire le sacrifice d'aucune portion de sa liberté. Si la nation pouvait seule occuper toutes les mains laborieuses, elle anéantiraït d’un seul coup l’aristocratie dans toutes ses ramifications, et elle préviendrait pour jamais son retour . » La prétention du patron à disposer des suffrages de ses ouvriers dans la vie publique, comme de leurs bras à l'atelier, se manifestait dès cette époque et déterminait chez le salarié, ainsi qu'aujourd'hui, le vœu de n’avoir d'autre patron que l'Etat. Ainsi naissaient, confuses encore, dans l'esprit des travailleurs les théories collectivistes. Le moment approchait où précisément l’État deviendrait en fait le patron de tous les ouvriers montal- banaïs. En attendant,.le décret du 1: août fondait à Montauban la dictature des-Mestagnards et du Comité de Salut public local ainsi que le régime de la Terreur. :
La lettre du club de Montauban ne trouva pas Jeanbon à Paris. Le 1e août, Barère, à la suite de la capitulation de Valenciennes, avait, au nom du Comité de Salut public, fait voter un décret dont le premier article établissait un camp entre Paris el l’armée du Nord, dont le troisième donnait à Houchard, général en chef de l’armée
1. La Convention suspendait Bruté, Lagarrigue, Brun, administrateurs du district, Constans Tournier, Saint-Geniés, Rachou, Maillio, Pecourt, officiers municipaux. Baudot nomme provisoirement, à la place de ces officiers municipaux, Combettes fils aîné, Frezals, Lacaze-Germa, Foissac du Cours, Plancade (pp. 252-258. Livre Jaune).
2. Arrêté du 8 août : en demandant à la Convention un secours de 1,500,000 livres pour les subsistances, ils garantissent que les habitants du Lot sont prêts à écraser l'aristocratie et le fédéralisme (Miscellanea Devals).
3. Mémoire cité de Sartre, dénonciation contre l’administration du Lot aux Comités de Salut public et de Sûreté générale par le Comité de Surveillance de Montauban, le 6 brumaire an 11, 27 octobre 1793 (L 108. Arch. Tarn-et-Garonne),