‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 356 sur 889 · Moniteur, t. XVII, p · texte numérisé non relu

Moniteur, t. XVII, p

2. Barère demande à la Convention d’adjoindre au Comité « trois nouveaux membres qui seraient chargés spécialement de surveiller l'exécution ministérielle... c’est du défaut d'exécution que vient tout le mal ». Il reprend {a théorie de Billaud au profit de Billaud et du Comité de Salut public (Moniteur, t. XVII, p. 595).

Gaston propose que « malgré lui » Danton soil à son tour adjoint au Comité et que la Convention vote à l'unanimité la motion ; mais le 9, Danton refuse en même temps que Granet *.

Le 8 septembre, le Comité de Salut public décide de mettre un mil-

lion à la disposition de la Commune de Paris pour achat de subsis- tances el il renouvellera ce don toutesles semaines, il tient ainsi la municipalité dans sa main ?, Le 9, il fait sanctionner par la Convention les dispositions votées en principe le 5 : les assemblées de sections sont restreintes à deux par semaine et une indemnité de quarante sous sera donnée aux citoyens pauvres pour leur permettre d’y assister; comme la municipalilé, les gens du peuple besogneux, c'est-à-dire les révolutionnaires les plus ardents, deviennent les obligés du Comité de Salut public et tombent sous sa dépendance. Un autre décret, du 6 septembre celui-là, ne le sert pas moins: il ordonne l'arrestation des étrangers dont le pays est en guerre avec la République, à l’exception des artistes et ouvriers el des individus dont l'attachement à la République sera prouvé *, c’est-à-dire qu’il met à la discrétion du Comité les poliliciens cosmopolites dont Paris est rempli. D'autre part, le 9 septembre, un rapport de Jeanbon, sur lequel nous aurons à revenir, dégage la responsabilité du Comité dans les événements de Toulon, et de ceux-ci la Convention ne garde que l'impression qu’il faut rendre l’action du gouvernement plus énergique pour faire face à ce nouveau danger.

Dès lors, le Comité de Salut public poursuit sans discontinuer ses envahissements de pouvoir, et en même temps l’organisation de la Terreur. Le 11 septembre, il place sous son action les agents que le Conseil exécutif envoyait en mission parallèlement aux Représentants du peuple et qui gênaient ou dénonçaient ceux-ci, s’attiraient leur jalousie et leurs récriminations ; de la sorte, le Comité de Salut public donne satisfaction aux conventionnels et s’asservit davantage les ministres et leurs agents *. Le 13, par un décret, le Comité fait charger les Sociétés populaires de lui sigñaler tous les agents infidèles ou suspects d’incivisme employés à la suite ou pour les fournitures des armées ”; les clubs deviennent ainsi un rouage de son gouvernement et au-dessus du Comité de Sûreté générale lui remettent le sort de tout ce personnel. Le même jour, Danton obtient de la Convention pour le Comité de Salut public la mission d’épurer les Comités de l’Assemblée de tous les membres suspects de fédéralisme et de désigner les remplaçants des exclus f; les Comités, le travail légis-

Page 1