Procès-verbal, t. XX, p
6. À propos du Comité de l'examen des marchés. Il ajoute : « Je ne suis point
latif dont ils sont chargés, tombent ainsi sous le contrôle de celui de Salut public, notamment le Comité de Sûreté générale dont Robespierre avait, on se le rappelle, dénoncé la trop grande place dans le gouvernement dès le 25 août et auquel viennent d’être enlevées les décisions en premier ressort sur toute dénonciation concernant des ofliciers. En conséquence, le 14, le Comité de Salut public fait nommer un nouveau Comité de Sûreté générale dont sont membres Vadier, Panis, Amar, Lavicomterie, David, qui sera son auxiliaire dévoué dans le gouvernement terroriste et se perpétuera avec lui jusqu'au 9 thermidor !. Le 14 septembre également, une loi répartit le travail
entre les quatre sections du tribunal révolutionnaire établies le 5. Le 17, fut votée la terrible loi des suspects qui permettait aux Comités de Salut public et de Sûreté générale d'arrêter sur tout le territoire quiconque leur paraîtrait suspect d’incivisme, et quiconque voudrait leur résister, à l'exception des seuls conventionnels ?.
D'autre part, deux incidents montrèrent que le Comité de Salut public entendait être désormais respecté des administrations départementales et de la populace parisienne:
Le conventionuel Roux, le 15 septembre, avait fait décréter de destitution et d’arrestation trois administrateurs du département de Seine-et-Oise, qui, d'après lui, avaient entravé, au cours d’une mission dont il était chargé, ses réquisitions de grains; Jeanbon avait appuyé Roux combattu par Thuriot ‘. Le 17 septembre, tout le département de Seine-et-Oise vint protester à la barre de la Convention et de façon assez vive : « Vous nous devez votre estime », dirent les pélitionnaires à l’Assemblée. Jeanbon le prit de très haut, s’irrita que les administrateurs eussent fait « une affaire générale, une affaire de corporation de l’accusation intentée contre trois de leurs membres..... Au reste, dit-il, le ton menaçant, les expressions hardies de la pétition doivent exciter votre indignation, et ie demande qu'elle soit formellement improuvée ». Haussmann, Thuriol, défendirent par des arguments assez valables les adininistrateurs, mais Robespierre comme Jeanbon jugea le discours inconvenant, et ses auteurs furent soleunellement blâmés *.
Dans la même séance, se présentait à la barre une députation de commissaires des sections de Paris conduite par Varlet. On connait
- suspect ; je ne veux être membre d’aucun comité, mais je serai léperon de tous. Je ne veux que servir mon pays » (Monileur, t. XVII, p. 651), voy. le texte du décret, Procès-verbal, t. XX, p. 330.
1. Procès-verbal, t. XX, p. 365. Le Comité de Sûreté générale avait été aussi dénoncé, le 8 septembre, aux Jacobins par Maure comme usé et trop nombreux (il comptait vingt-quatre membres). Le 14 septembre, il fut réduit à douze : Vadier, Panis, Le Bas, Boucher, David, Guffroy, Lavicomterie, Amar, Rühl, Le Bon, Voulland, Moyse Bayle. Le 13 septembre, Jeanbon avait protesté dans la Convention contre les bruits qui couraient d’un plan d’égorgement des prisonniers ourdi par le gouvernement, et fait décréter l'insertion de sa déclaration au bulletin (Moniteur, t. XVI, pp. 651-652).
2. Procès-verbal, t. XXI, p. 24, c’est un décret d'application du principe de l’arrestation de tous les suspects établi le 12 août.