‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 359 sur 889 · Moniteur, t. XVII, pp · texte numérisé non relu

Moniteur, t. XVII, pp

ce démagogue qui, avec Jacques Roux et le lyonnais Leclerc, avait dominé au club des Cordeliers et parlait un langage d’une telle violence qu'Hébert auprès de lui paraissait tiède. Varlet comprenait que le décret des 5-9 septembre mettait dans la dépendance du Comité de Salut public les sections de Paris, aux séances des Jacobins du 15 et du 16 on avait eu l’écho de ses récriminations contre ce décret et des protestations de ses acolytes, notamment d’une « Société des femmes révolutionnaires », que l’exaltée Rose Lacombe entrainait à la suite du jeune et beau Leclerc ‘. À la Convention, Varlet vint déclarer que les législateurs ne pouvaient, « sans attenter aux droits du souverain, réduire les assemblées du peuple et en prescrire la durée»; il ajouta en substance que les citoyens indigents ne voulaient pas être avilis par l'indemnité qui leur était offerte, que leur dévouement n’avait pas besoin d’être salarié. Un tel désintéressement n’était pas du goût du Comité de Salut public, outre que le Comité devait s’indigner qu'on suspectât son zèle démocratique. Après Basire, Robespierre vint prononcer un virulent discours : si la Convention avait restreint le nombre des séances des sections, c’est que leur permanence ne profilait qu'aux muscadins. Le peuple était-il avili parce que la patrie venail au devant de ses besoins, tâchait de rapprocher la pauvreté de l’insolente richesse? Les Représentants du peuple étaient-ils avilis par l'indemnité qu’ils recevaient ? L’aristocratie seule avait pu suggérer de telles opinions. Jeanbon reprit les idées de Robespierre, il déclara légitime le principe d’une indemnité « pour la classe du peuple qui sacrifie à . l'exercice de ses droits des moments nécessaires à son existence », et faisant tête aux exagérés de gauche comme aux réactionnaires de droite, il déclara, lui de déductions parfois si rigoureuses, « ne nous laissons pas surprendre par l’invocation de principes que nous connaissons tous, mais dont nous ne souffrirons pas que l’on tire des conséquences funestes à la patrie ? ». La Convention passa donc à l’ordre du jour. Toutefois, le Comité de Salut public se garda bien de frapper ces révolutionnaires ardents qui étaient l'appui du parti Montagnard, il ne sévit point contre Varlet et laissa les sections se réunir tous les jours en tournant la loi. Il lui suffisait de faire respecter la lettre du décret et de tenir les pauvres au moyen de l'indemnité promise. Il avait désormais la Commune de Paris dans‘ sa main.

Le 19 septembre, au nom dn Comité de Salut public, Jeanbon fit compléter la loi des suspects par des dispositions qui devaient empécher tous les contre-révolutionnaires d'échapper à la police du gouvernement, mais qui, malheureusement, allaient favoriser les tyrannies locales. Le certificat de civisme que tout individu était obligé de produire à toute réquisition sous peine d’être traité en suspect, était délivré naguère par les municipalités ; le Comité de Salut publie, dit

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