Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VE, p
3. Moniteur, t. X VIT, p. 731. Né à Vassy en 1752, fabricant de toiles à Troyes, député de l'Aube à la Législative et à la Convention, Perrin fut condamné, le 28 vendémiaire an II, par le tribunal révolutionnaire de Paris à douze ans de fers et six heures d’exposition (Campardon, op. cit, t. IL, p. 473). Il mourut de chagrin au bagne de Toulon en
1794. Son jugement fut cassé par la Convention le17 fructidor an IIT (3 septembre 1795) probablement sous l'influence de la réaction thermidorienne, car en séance de la Convention le 23 septembre il avait avoué (Voy. Buchez et Roux,t. XXX, p. 205).
4. C'était là du moins le sens de sa demande (Moniteur, t. XVII, p. 600).
5. Aulard, Jacobins, t. V, pp. 395, 397-402. Hamel dif avec raison que la première cause du 9 thermidor est cette rupture de Robespierre ét de Bourdon (Hist. de Robespierre, t. IL, p. 133). Il faut y ajouter la séance du 25 septembre à la Convention, que
nous Verrons plus loin.
qui étaient dénoncés aux Jacobins ‘, et le 14, en épurant ce Comité, celui de Salut public augmentait de tous les conventionnels qu’il en faisait sortir le parti de ses adversaires. Il s’y joignait les députés qui sentaient peser sur eux la vindicte muette de Robespierre, entre autres Reubell et Merlin de Thionville nanas Robespierre ne pardonnait pas la capitulation de Mayence *.
Deux membres du Comité de Salut public lui:même penchaient vers ses ennemis; C'étaient Thuriot et Hérault, les deux amis de Danton. Thuriot peut-être menacé par Robespierre dès les premiers joursdu mois d'août, souvent en querelle avec Saint-Just *, mécontent d’avoir vu le 11 septembre destituer le général Kellermann *, Thuriot avait rompu ouvertement avec ses collègues, nous l'avons vu, les 15 el 17 septembre, au sujet des administrateurs de Seine-et-Oise, en pleine Convention. Le 18 septembre, Jeanbon, au nom du Comilé de Salut public, après avoir obtenu un décret d’exemption de la réquisilion en faveur des ouvriers des manufactures d'armes de Paris, priait l'Assemblée d'étendre la même exceplion aux commis des bureaux des Comités, c’est-à-dire surtout aux employés du Comité de Salut public. Les conventionnels, peu disposés à donner au Comité de Salut public des prérogatives, manifestaient de la répugnance à voter cette dernière mesure, Hérault en profita pour se retourner contre ses collègues : « Le décret présenté n’est point du Comité de Salut public, déclara-t-il, j'en appelle à Prieur et Carnot. — Hérault a tort d’en appeler à a car le projet de décret est écrit de la main de Carnot», riposta Saint-André. L'effet de l'intervention d'Hérault subsista, l’Assemblée passa à l’ordre du jour ÿ. Le 20, Thuriot donna sa démission de membre du Comité.
À la coalition se joignaient les hébertistes mécontents à la fois de la surveillance du Comité de Salut public sur les bureaux de la guerre qu'ils avaient peuplés de leurs créatures, et de la dépendance où le Comité de Salut public et les Représentants en mission tenaient les agents envoyés aux armées par ces mêmes bureaux de la guerre. Les hébertistes affectaient de réclamer l’applicalion de la Constitution de l’an I, c’est-à-dire la disparition du Comité de Salut public et des Représentants du peuple en mission devant un ministère établi conformément à la Constitution 5. Ils n'avaient guère de pou-. voir qu'en dehors de la Convention, par la presse et surtoul les Jacobins, mais les Montagnards proprement dits n’avaient-ils pas