Procès-verbal, t. XXVI, pp. 360 sqq
Jeanbon a joué son rôle dans cette journée, il à sa part du succès du Comité comme il a contribué précédemment à préparer sa dictature. Mais l'intervention de Jeanbon a été de bien moindre importance que celle de Robespierre. C’est Robespierre qui a sauvé le Comité. Aussi la séance du 25 septembre n’a pas seulement remis au Comité de Salut public la direction du parti Montagnard pour longtemps, elle a, de facon définitive, rendu l'influence de Robespierre prépondérante dans le Comité de Salut public. L’atltitude que Robespierre a prise dans ce dernier débat, Jeanbon l'avait eue le 10 juillet dans une circonstance analogue, et à la suite il avait paru avoir la haute main dans le Comité sur.la politique générale et par le Comité sur le parti montagnard tout entier. Mais après, Jeanbon s'était effacé de plus en plus devant Robespierre; il vient d’abdiquer complètement, le 25 septembre, le rôle de prolagoniste el DÉPOREES qui le lui a pris ne s’en dessaisira plus.
Ce débal du 25 septembre eut d’autres conséquences La destitution de Houchard ayant été exploitée par les ennemis du Comité, celui-ci crut décidément à des relations du général avec les malveillants, avec lés contre-révolutionnaires, et le malheureux officier au lieu de tomber dans l'oubli qui l’eût sauvé, comme Landremont, comme Schauenburg !, sera envoyé à l’Abbaye le 27 septembre, livré le 24 octobre par la Convention au tribunal révolutionnaire et à ses insultes puis à l’échafaud ?. Plus tard, seront guillotinés Hérault qui est resté imprudemment au Comité de Salut public *, Delaunay d'Angers et Fabre d'Églantine. Thuriot, qui le 27 septembre s’humilie misérablement aux Jacobins ‘, Bourdon de l'Oise qui rouvrira la campagne contre le Comité dé Salut public en frimaire, verront le châtiment menacer leur lête jusqu’au jour où, pour la sauver, dans un retour d'énergie sauvage ils aideront à renverser le Comité de Salut public, le 9 thermidor. Dans ces exécutions Jeanbon a sa part de responsabilité, tout au moins pour ce qui concerne Houchard : ne l’a-t-il pas, le 24 et le 25 septembre, accablé dans la Convention des reproches les moins justifiés ? chez lui, il est vrai, la suspicion contre ce général élait de vieille date, ce n’est point par rancune politique qu’il a voulu sa mort, et c’est en l'absence de Jeanbon que Bilaud-Varenne et Robespierre feront traduire Houchard au tribunal révolutionnaire.
1. Schauenburg arrêté le 4 octobre 1793, libéré le 7 août 1794, réintégré dans son grade, inspecteur général de l'infanterie, baron et grand oflicier de la Légion d'Honneur sous l’Empire, retraité en décembre 1814, mort en 1832 (Charavay, Correspondance générale de Garnot, t. I, p. 475).
2. Chuquet, Hondschoote, pp. 332-333 ; guillotiné le 16 novembre, son procès fut une des infamies du tribunal révolutionnaire.
3. 16 germinal an II (Campardon ; op. cil., t. I, pp. 259-282).
4. Aulard, Jacobins, t. V, p. 423, il s'excuse d’être sorti du Comité de Salut public, allègue sa santé, et invite la France entière à redoubler de confiance dans les membres du Comité.