VAINS ESSAIS DE RÉORGANISATION
pos du personnel de la marine de Toulon, il s’en faut de peu que Dalbarade soit mis en accusation. - |
Le Gomité de Salut public réagit. Jeanbon destitue Vincent et Lavauguyon ‘ et fait voter par la Convention, le 20 juillet, un décret lerrible : tout administrateur de département, district ou autre qui simmiscera dans la direction des forces navales de la République,
tout officier commandant un bâtiment de l’État qui exécutera une réquisition provenant des administrations locales, sera puni de mort; l'administration du Finistère est cassée, une commission administrative lui est substituée et transférée du chef-lieu, Quimper, à Landerneau, la ville rivale ?. Les historiens girondins ont qualifié cette loi d’atroce, sa rigueur était d’absolue nécessité et ceux-là en sont responsables qui l'avaient provoquée par leurs écarts. D'autre part, Robespierre qui n’est pas encore du Comité de Salut public flétrit aux Jacobins les dénonciations qui énervent l’action gouvernementale et défend Dalbarade *. Sur de fâcheuses nouvelles venues de Toulon, Jeanbon et Bréard insistent sur l'urgence d’excelure tous les nobles de la marine : comme nobles « ils font le mal avec intention de le faire » et les ministres qui les ont nommés sont des traîtres *, déclare Jeanbon, l’allusion à Monge est transparente. Le 25 juillet, Jeanbon fait auloriser par la Convention le ministre de la marine à destituer tous les agents qui donneraient des preuves d’incivisme ou de fédéralisme *. En août, tandis que Jeanbon est aux frontières de l'Est et du Nord, d’autres décrets prescrivent de remplacer tous les agents qui n’ont pas de certificats de civisme ° et obligent les administrations à veiller au transport des matériaux pour la marine ”, à obéir aux réquisitions des Représentants du peuple sous peine de dix ans de fers #.
Quand Jeanbon est de retour, tandis que le Comité de marine fait voter la réquisition par le ministre de tous les officiers de santé ”, le Comité de Salut public et le ministre continuent les mesures d’épuration, de répression et de surveillance. Redon, ordonnateur de Brest, mandé à Paris, chargé à tort des péchés de Monge mais convaincu
1. Arrêté du 2 juillet déjà cité du Comité de Salut public ; décret du 20 juillet précédé d’un rapport de Jeanbon (Moniteur, t. X VII, p. 186; Procès-verbal, 1. X VIT, p. 14). Lavauguyon, mis hors la loi le 6 août sur rapport dé Barère, sera guillotiné à Bordeaux le 2 brumaire (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VI, p. 613).
2. Décret du 20 juillet rendu sur rapport de Jeanbon (Procès-verbal, t. XVII, p. 14, Moniteur, t. XVII, p.191. Arch. marine BB3 35 fol. 119). Landerneau disputait depuis longtemps à Quimper la possession de l’administration départementale (Procès-verbal, t. IV, p. 365).