‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 382 sur 889 · Compte rendu Dalbarade · texte numérisé non relu

Compte rendu Dalbarade

4, Voy. ci-dessous Pattitude de Feraud contre Basterot.

5. Jean-René-César Saint-Julien de Chambon, fils d’un chef d’escadre, né vers 1750, garde dela marine en 1764, enseigne en 1772, lieutenant en 1178, capitaine de deuxième classe sur la liste de 1791 (Guérin, pp. 288-289). Noter qu’il avait souffert de la Révolution, maltraité en 1789 dans l’émeute contre D’Albert de Rions, enfermé comme suspect en 1793, élargi seulement le 31 mai. M. Cottin, qui, plus heureux que nous, a pu consulter à son aïse les dossiers d'états de service des ofliciers de cette époque, place en janvier 1793 sa nomination de contre-amiral (p. 110). MA

6. Jean-Honoré, comte de Trogoff de Kerlessy, né à Lanmeur (Finistère), en 1751, garde marine en 1767, enseigne en 1773, lieutenant de vaisseau après de beaux faits

contre-amiral Chaussegros, commandant des armes, tremblail devant

‘les ouvriers et matelots qui avaient ‘assassiné son prédécesseur de Flotte ’, et l'ordonnateur Puissant de Molimont, ambitieux et remuant, ne prit le service qu’au milieu de mai 1793 ?.

Les dissentiments des officiers accentuaient la mésintelligence dans les équipages. Tout ce personnel en émoi était encore enfiévré des nouvelles de Paris et des querelles dans Toulon. Chacun prenait parti pour les Girondins ou les Montagnards, distribuait le blâme et l'éloge : rien de plus insolent qu’une adresse des ouvriers de larsenal, le 31 mai, à la Convention *. Ainsi que dans la ville, il y. avait des fédéralistes et dans les ateliers, et sur le port, et sur l’escadre, et les royalistes dissimulaient mal leurs espérances depuis la funeste expédition de Sardaigne “. Les partisans de la Gironde et de la royauté étaient comprimés avec d'autant plus de rigueur par l'administration du département et la municipalité, par le club et ses affidés, montagnards déterminés. Quantité d’ofliciers, dont les deux contre-amiraux cités plus haut, avaient été incarcérés au fort de la Malgue. On avait même guillotiné le capitaine de vaisseau Basterot, à la requête d’un des meneurs, Barthélemy, et sans souci, semble-t-il, des formes légales; il est vrai que son principal accusateur avait été son collègue Féraud, secrètement royaliste . Mais les amis, les

d'armes en 1779, pris à la bataille des Saintes en 1782 après s’être héroïquement conduit, capitaine de vaisseau du 1° mai 1786, capitaine de deuxième classe sur la liste de 1791, envoyé à Saint-Domingue avec le Düuguay-Trowin en décembre 1791, revenu à Brest en juillet 1792, contre-amiral du 27 janvier 1793 pour prendre rang du 1‘ janvier, envoyé à Toulon lors de l’expédition de Sardaigne sous les ordres du contreamiral Landais, mandé à Paris par Monge, retenu par arrêté des corps administratifs de Toulon du 5 avril 1793, mort le 30 mars 1794 en rade de Porto-Ferrajo (Guérin, pp. 287-288, 291. Biographie bretonne. État de la marine de 1790. Liste de 1791. Questionnaire sur son compte du 12 septembre 1793 dans BB3 fol. 195, complétés par Cottin, p. 95).

1. Martin-Benoît de Chaise né en 1737 d’une famille du Canada, lieutenant des gardes-côtes du ‘bataillon de Toulon en 1748, enseigne de port en 1758, sert ensuite sur mer, lieutenant de vaisseau en 1772 après douze campagnes, capitaine en 1780, : capitaine de première classe sur là liste de 1791, contre-amiral en janvier 1793, commandant des armes par interim à Toulon du 1° au 14 janvier 1793, en place de Flotte, commandant des armes depuis le 12 mars à la place de Cuers Cogolin (Guérin, pp. 289- . 290; BB; 30 fol. 2).

2. Puissant de Molimont, né à Chaumont le 9 juin 1740, soldat de la compagnie des Indes, commis en 1767 dans l'administration de la marine, sous-commissaire en 1774, contrôleur du 1° janvier 1777, publie en 1790 un État actuel de l'administration économique de la murine, 45 p. grand in-4, chef d'administration à Saint-Malo en octobre 1792, nommé le 1er avril 1793 ordonnateur à Toulon sur l’étalage de son zèle réformateur, en place de Vincent devenu suspect aux clubistes, est installé le 16 mai (Guérin, pp. 290-291; ADvu, 39, Arch. nat.; BB3 31 fol. 2; État de lu marine de 1790, complétés par Cottin, p. 103).

3. AFur 183 : « Nous voulons de la tranquillité dans nos villes et du pain dans nos familles ; les papiers monnaies et vos indécentes divisions nous démontrent par expérience que nous commençons à manquer de l’un et de l’autre. »

4. Brun, Guerres marilimes de la France, port de Toulon, ses armements, son administration depuis son origine jusqu’à nos jours. Paris, 1861, 2 vol. in-8, t. II, p. 210.

5. Voy. sur cette affaire : Henry, Histoire de Toulon depuis 1789 jusqu'au Con-

LA TRAHISON DE TOULON ns 425

parents des détenus n’aspiraient qu’à la vengeance et derrière eux veillaient les Anglais dont, en avril déjà, l'on signalait des menées. Le 15 avril, un observateur écrivait : « Si des mesures extrêmes ne

. sont prises, ou ces gens-ci se battront mal ou ne se battront pas ‘ », La nouvelle du coup d'État du 2 juin, qui dix jours après détermina dans Marseille une insurrection girondine ?, ne renversa pas immédiatement à Toulon la domination des Montagnards, car, isolés au fond de la Provence, coupés de Paris par Marseille et Aix, de Grenoble par Digne *, privés de nouvelles, peu nombreux, n'ayant de soutien que le district du Beausset, de reconfort que la présence des Représentants du peuple, Pierre Baille et Beauvais ‘, ils redou-

- blèrent la Terreur. Les Représentants du peuple accordaient aux

ouvriers double paie en assignats *, Puissant les licenciail par bandes pour éviter un soulèvement ‘, et on laissait les matelots quitter Toulon à leur gré. Une occasion s’offrit à Trogoff de soustraire l’armée navale à l'oisiveté dissolvante, à la contagion des agitalions malsaines de la ville. Notre chargé d’affaires à Gênes, Tilly, lui signalait l'apparition d’une escadre espagnole, le pressait de l’attaquer avant qu’elle fût jointe par la flotte de lord Hood annoncée d'Angleterre, écrivait même à Paris dans ce sens *. Mais par suite de la lenteur des travaux, du renvoi des ouvriers, du départ de quantité de matelots, de l’incarcération de nombreux officiers, la flotte n’était guère en état d'appareiller. A la vérité, l’escadre espagnole ne semblait pas mieux pourvue, peut-être pouvait-on l’accabler tant qu’elle était seule et “quel effet salutaire eût produit une victoire! la municipalité, le club de Toulon insistèrent pour que Trogoff sortit f. Il refusa, il voulait

sulat, 1855, 2 vol. in-8, Toulon; — Lauvergne, Histoire de la Révolution française dans le Var, depuis 1789 jusqu’en 1798, Toulon, 1839, 1 vol. in-8; — Z. Pons, Mémoires pour servir à l’histoire de la ville de Toulon en 1793. Paris, 1825, in-8 et L 2030. Arch. commun. Toulon. Arch. marine BB? 10 fol. 148, surtout dans BB# 21 fol. 227-233 le journal de Feraud.

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