Brun, t. 11, p. 210. AFu
6. BB1, 6, fol. 43. Le rapport de Jeanbon sur la truhison de Toulon, p- 96, fait allusion à une correspondance entre Tilly et Puissant, en juin, relative à des intrigues de Puissant pour affamer les villes du Midi. Nous n’avons pu tirer cette affaire au clair. À
7. Lettre de Tilly à Trogoff, Gênes, 15 juin (Arch. nat., DxLn, n° 4), du même au général en chef de l’armée du Var, 18 juin, du vice-consul de Port-Maurice, 22 juin AFr1, 183).
8. Sur ne de Hood, voy. Aulard, Actes du Comité de Salut public, ti VI, p. 233, note 3. AFn, 183 : lettres adressées par des marins de l’escadre de Toulon et interceptées par Chaudron-Roussau à’ Toulouse,
pour agir avoir dix-huit vaisseaux prêts, il redoutait, disait-il, d’être pris entre les Anglais et les Espagnols. Il exposa ces raisons au Comité de Salut public, à Dalbarade qui avait pensé lui faire tenter l’aventure ‘,ildemanda même par l’intermédiaire de son ministre à celui des affaire es étrangères un blâme pour Tilly et ses propos inconsidérés ?. La jonction des flottes coalisées eut lieu. L’amiral français et son escadre furent bloqués par un ennemi très supérieur en nombre el désormais rivés pour leur perte au mouillage de Toulon.
Dans la ville, cet incident avait augmenté le trouble des esprits. ke l'apparition, en vue du port, des Anglo-Espagnols, les Girondins et les royalistes crièrent que la municipalité et le club n’avaient poussé Trogoff à sortir que pour le livrer à l'ennemi #. La concession que firent les Montagnards, le 30 juin, de relâcher les officiers de marine prisonniers encouragea le parti adverse et lui donna des chefs *. - Sentant le terrain se dérober, les clubistes, le 12 juillet, organisèrent, pour inlimider leurs ennemis, un cortège qui, renforcé des autorités et des deux Représentants du: peuple, se déroula dans les rues à grand fracas et aux cris : « plus de bon Dieu pour les brigands ». Ce fut leur perte : les fédéralistes comprirent qu’il n’y avait de salut que dans l'audace, et malgré des menaces de mort pour quiconque demanderait l'ouverture des sections, le soir même une de celles-ci s’ouvrit, puis les sept autres ÿ, La municipalité fut cassée, le club fermé, et l'autorité passa aux sections en permanence. Un Comité général recruté dans chacune d’elles exécuta leurs décisions. Baille et Beauvais ayant voulu publier la Constitution, les sections les obligèrent à assister à un Te Deum en réjouissance de leur victoire °,. puis les emprisonnèrent, et avec eux les meneurs du club et de la municipalité.
Le 19 juillet, ayant pris connaissance d’un arrêté du Comité de Salut public du 8 qui ofdonnait de conduire à Toulon les navires de tous les ports de la Méditerranée chargés d’approvisionnements pour Marseille afin de réduire cette ville par la famine, le Comité général des sections fit défense aux autorités maritimes d’y obtempérer, et les sections ratifièrent sa décision. La rupture était donc complète avec le gouvernement central. Le peuple de Toulon opposait sa souveraineté à celle des Représentants de la Nation, c’est-à-dire à la Convention et au Comité de Salut public, et l’on voyait « un comité sectionnaire disposant du gouvernement, dirigeant à son gré
1. AFn, 183; Dxurr, ne 4, lettre de Trogoff au ministre, du 20 juin; BB#, 21, fol. 152 le même au même, 26 juin; Chaussegros au ministre, du 1‘ juillet, dans BB, 30, . fol. 158. M. Cottin pense que Trogoff ne sortit point parce qu'il avait déjà pris des engagements avec les royalistes (op. cit, p.52).