‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 389 sur 889 · Guérin, pp. 297 et · texte numérisé non relu

Guérin, pp. 297 et

l'embargo de Toulon Marseille eût-répondu en coupant les vivres à l’armée navale, que privés des nouvelles de Paris, les commandants de la marine pouvaient se tromper, qu'ils n’attachaient guère d'importance au mouvement des sections, n’y comprenaient peutêtre pas grand’chose ‘. Tout cela est spécieux, leur situation entre une ville révoltée et les escadres ennemies combinées était sans contredit bien difficile. Il semble aussi qüe l'on croyait, sur l’escadre, les Montagnards toulonnais coupables d’avoir voulu livrer la flotte à l'Anglais. Enfin, vis-à-vis des coalisés, chacun des trois chefs faisait encore son devoir, et Trogoff ne demandait qu'à être tiré de sa position, rappelé à Paris par le ministre. Nous ne croyons pas d'autre part que les trois chefs essayaient à ce moment d’abuser le ministre sur l'insurrection ? : nous savons, et ils l’écrivaient euxmêmes, que le Comité général visait toutes leurs lettres * et celles-ci par suite ne pouvaient plus être explicites; peut-être cependant auraient-ils trouvé moyen, s'ils l'avaient voulu, de faire savoir à Paris que leur liberté d'action était annulée par les sections, et les lettres de Puissant, de Trogoff, semblent même composées dans cette intention, en dépit de leur partialité affectée pour les Toulonnais “. Il reste un fait incontestable, et contre lequel rieu ne prévaudra, c'est que Trogoff, Puissant, Chaussegros désobéirent, le 19 juillet, à leur supérieur hiérarchique, le ministre, pour se soumettre à une autorité insurrectionnelle et locale. C'était là wne première faute qui devait les mener bien loin.

Le Comité de Salut public et la Convention avaient été avertis par les Représentants du Var ÿ. Dalbarade fut aussitôt pris à partie. Déjà inculpé, le 10 juillet, aux Jacobins, au sujet d’un fonctionnaire

qu’il avait nommé à Toulon sur recommandation de Danton f, il se vit accuser dans la même enceinte, le 24, par le conventionnel Escudier d’avoir laissé à Toulon 12,000 matelots dans l’inaction, sous le commandement de nobles contre-révolutionnaires. Escudier conclut à demander au Comité de Salut public son arrestation, celle de son adjoint Deshayes, successeur de Najac et chargé des nominations, et la destitution des capitaines nobles. Puis, le même Escudier rédigea un réquisitoire très précis, reproduisant toutes ces imputations, et le

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