Moniteur, t. XVI, pp. 691, 738; t. XVII, p
6. 29 juillet (Aulard, Actes du Comité de Salut publie, t. V, p. 414.
7. Sur l'affaire de Pignans, voy. rapport Jeanbon, p. 21; le 20 juillet, Barras.et
Dalbarade. Le 31 juillet, à des inculpations de Jeanbon contre la généralité des officiers de marine il répondit en précisant la culpabilité du ministre : ce dernier, dit-il, a nommé à Toulon des contrerévolutionnaires tels que Puissant et Trogoff. Escudier ajouta qu’il avait saisi de ces faits le Comité de Salut public ‘. Probablement à la suite de ce réquisitoire, le 1* août, le Conseil exécutif prit des mesures pour exécuter le précédent arrêté du Comité et appeler à Paris Trogoff et Saint-Julien, Chaussegros et Puissant; ils seraient remplacés par le capitaine Bouvet des ponentais, le major général Caslellan, le chef d'administration Chevillard, tous trois d’un civisme incontesté ?. Mais un arrêté du Comité de Salut public du 8 août prouve qu’il suspendit encore une fois sa décision du 29 juillet et celle du Conseil exécutif du 1 août jusqu’à plus ample informé. Peut-être l'absence de Jeanbon, le délégué du Comité à la marine, contribua-t-elle à ce nouvel atermoiement. Le rappel des trois chefs de la marine fut résolu définitivement le 19 août; il était trop tard *.
En tout cas, le décrel porté par la Convention le 24 juillet n’eut aucun effet. Le mouvement insurrectionnel s'’accenutua dans Toulon, la Constitution fut brûlée par la main du bourreau. On guillotina les orateurs du club, Barthélemy notamment, sans plus de formes qu’ils n’en avaient observé eux-mêmes *. Succédant à la Terreur rouge, une Terreur blanche non moins odieuse fit incarcérer quiconque était suspect aux yeux du nouveau régime : le major général Castellan et d’autres officiers de marine républicains allèrent prendre dans les cachots la place de leurs collègues contre-révolutionnaires. Les royalistes ne dissimulaient plus leurs espérances ‘.
Les mesures prises par les Représentants à l’armée d’Ilalie pour couper vivres et fonds à la ville rebelle exposaient l’armée navale
Fréron écrivent à ce sujet aux sections de Toulon une lettre très modérée (Arch. nat., AFn, 252); le 27 juillet, ils prennent des mesures de rigueur (L 113, Arch. du Var; rapport Jeanbon qui ne précise pas les dates, p. 16).
1. Aulard, Jacobins, t. V, p. 323. Le 28, Dalbarade avait dû encore se justifier aux Jacobins (ibid., p. 320).
2. Aulard, Actes du Comilé de Salut public, t. V, p. 442. Pierre Bouvet, le père du futur amiral Bouvet, né à Saint-Servan en 1750, capitaine au long cours, lieu-. tenant de frégate sur la Belle Poule en 1778, se distingue dans le combat de ce navire du 17 juin 1778, capitaine de brülot, lieutenant en pied dans l'escadre de Suifren en 1781, chevalier de Saint-Louis en 1783, lieutenant de 2e classe sur la liste de 1791, capitaine -en 1793. Nous le retrouverons. Élargi après le 9 thermidor des prisons de la Terreur, mourut en 1795 au cours d’une discussion avec Dalbarade (Biographie bretonne, Liste de 1791). Castellan, capitaine de vaisseau de 2° classe sur la Liste de 1791.
3. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. V, p. 507, t. VI, p. 24. L'arrêté du 29 juillet est suspendu « jusqu’après le rapport de l'affaire de Toulon ». La nomination de Bouvet avait été cependant dressée et signée, la date restant en blanc (BB#, 30, fol. 177). M. Cottin dit que le club de Toulon s’opposa à l'exécution de l'arrêté du 19 août (op. cût., p. 97). $ |
4. Lauvergne, p. 223. Voy. AFn, 46, le jugement de condamnation de Barthélemy. Il m'était justiciable que du tribunal criminel des Basses-Alpes, et non du tribunal révolutionnaire qui fut institué par les sections.
5. Brun, t. Il, p. 213. Arch. marine BB? 120. Pons, p. 41, note.
elle-même au manque de subsistances et d'argent. Le Comité de Salut public s’en rendit compte, et le 1° août, « ne voulant ni exposer l’escadre à manquer de fonds ni les livrer aux administrateurs du Var », il arrêtait d’expédier les sommes nécessaires à la marine sur Montpellier; les Représentants dans cette ville devraient les faire parvenir à destination !.
Sans doute cet arrêté ne put être exécuté, car la marine de Toulon fit bientôt enlendre des doléances. Trogoff s’abstint d’abord de toute plainte : le 2 août, il répétait au ministre que sa correspondance était interceptée, qu’il était embossé contre l’escadre anglaise?; le 14, il reprocha au même, du ton le plus amer, de ne point lui écrire, et termina par ces mots : «Je ne tiens pas au commandement
comme vous le savez, puisque depuis plus de qualre mois je vous
prie de nommer un chef à cette armée © ». Mais Chaussegros, le 1e août, adressait à Dalbarade des paroles qui semblent un blâme indirect des mesures prises par Barras et Fréron : les sections, disait-il, « avaient le plus grand désir de sauver à la République une et indivisible un dépôt aussi précieux que celui du port de Toulon dont la ruine serait une perte irréparable “ ». Puissant, le 3 août, se plaignit au ministre que les fonds destinés à l’armée navale fussent interceptés ef annonça l'envoi jusqu’à Clermont-Ferrand d’un agent chargé de recueillir les sommes nécessaires Ÿ, puis le 4, il écrivit une autre lettre « d’un style aigre et impérieux », pleine de récriminations contre « les anarchistes el » d’éloges pour les sec- HOBsE À
Éndn le 12 août, Chaussegros, Trogoff, Puissant, signèrent une adresse envoyée au Conseil exécutif el à jalbarade par le Comité général des sections pour faire l'apologie du mouvement insurrectionnel, détacher le ministre du Comité de Salut public et de la Convention, et pour le prier d'obéir « au devoir sacré d'alimenter une ville et un port qui sont l’espérance de la nation... Songez que nous avons à entretenir et à solder une garnison nombreuse, une armée navale, la masse entière des marins et des ouvriers de l'arsenal... Songez enfin que deux escadres formidables d'Angle-° terre et d'Espagne embrassent toute l'étendue de nos côtes, et que dans leurs calculs peut-être elles se flatitent d'obtenir de
1. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. V, p. 441. M. Cottin montre nettement qu'il y avait dans les magasins et les caisses de Ja marine beaucoup plus de.
vivres et d'argent que ne le disaient les chefs de service. Les fonds destinés à la marine
furent arrêtés d’après lui à Montpellier (op. cit, pp. 53-57).