‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 43 sur 889 · Jeanbon à P. Rabaut, 1% mai · texte numérisé non relu

Jeanbon à P. Rabaut, 1% mai

52 __ JEANBON PASTEUR A CASTRES

le 1% avril 1783 !. Seule la décision qui fixait les assemblées à Massy est maintenue. Plus tard seulement, les assemblées reviendront au Boufart pour rentrer en ville au début de la Révolution *.

Mais ce conflit, où par orgueil et turbulence l’église de Cas a provoqué la persécution ?, fait sur Jeanbon une impression profonde.

Il a vu son église se dérober à sa direction, l’acrimonie avec laquelle

il parle de ses adversaires à P. Rabaut et à Saint-Élienne montre combien son cœur en est ulcéré ‘. La déception pour lui était trop forte; le 13 avril 1782, il écrit à P. Rabaut qu'il va se retirer * ; celui-ci le pressant de n’en rien faire ‘, il lui répond, le 24, par ces mots qui expriment toute sa pensée : « Ne pouvant pas maintenir l'ordre dans l’Église, l’inutilité de mes soins m'impose la loi de ne songer désormais qu'à mon repos‘. » Le 21 juin, il remet sa démission au Consistoire, et la sécheresse du procès-verbal qui relate lévénement *, le fait qu’en 1789 ce sera Baudecourt qui sera chargé par la communaulé de Castres de son installation en ville *, paraissent indiquer que notre pasteur, en dépit de la justesse de sa cause et de l’approbation de P. Rabaut, s'était aliéné bon nombre de fidèles. Par contre, le synode du Haut-Languedoc, en lui accordant son congé, exprime à Saint-André tous ses regrets !°, et lui renouvellera le témoignage de sa sympathie en 1788, quand il quittera la province ‘! Jeanbon reste en fonctions jusqu’à la rentrée de Bonifas Laroque, le dernier acte de son ministère est du 8 octobre 1783 !?.

La moralité de cet incident, Jeanbon l’exprime déjà le 1er mai 1782, dans ces lignes où, à propos des membres du Consistoire, il dit à

P. Rabaut : « Il est à désirer que M. de Périgord ait égard à ce que

1. Il est présent à la séance du Consistoire de ce jour (Registre déjà cité).

2. Le 1er janvier 1790, le Consistoire décide d’installer le culte « dans l'appartement de M. Montsarrat à l’esplanade de Villesgoudou » (tbid.).

3. C’est sans doute par un contre coup de cette malheureuse affaire qu'après quinze

mois de tolérance, l’intendant ordonne au subdélégué de Lavaur d’obliger les protes-

tants de Revel et Puylaurens à quitter le local de leur prêche dans les faubourgs de ces deux villes et à retourner au désert (lettre de Durand, pasteur à Revel, du 21 juillet 1783, à Rabaut ; — Papiers Rabaut, [II G., p. 52).

4. Il accuse Baudecourt de « fourberie », de « mauvaise foi » ; il l'appelle « intri-

ie », « selon le caractère des méchants, il est aussi poltron qu ’insolent » (lettre à 'Rabaut du 24 avril).

Fe Lettre à P. Rabaut du 13 avril 1782, où Jeanbon « déclare sa résolution inébranlable de se démettre de ses fonctions de pasteur » (nous ne la connaissons que par cette analyse prise dans le catalogue d’autographes d'Et. Charavay).

6. « Ce que vous me dites à cet égard (son intention de se retirer), quoique très flatteur et très propre à m’encourager, ne me fera pas changer » (lettre du 24 avril à P. Rabaut). =

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