Levot, p
3. Ibid., pp. 94 sqq. Le Breton, chirurgien de la marine, 35 ans en 1794, sera incarcéré, au cours du procès fait à Raby, par le tribunal révolutionnaire pour son attitude dans cette circonstance (Registre du tribunal, fol. 19 recto). Sevestre, né en 1753; greflier du tribunal de Rennes, député d’Ille-et-Vilaine à la Convention, messager dEtat sous le Consulat et l’Empire, ee en 1816, mourut rentré en France à Liverdy (Seine- -et-Marne), en 1846 (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. I, p. 147).
4. Voy. ch. vu, p. 341, lettre de Jeanbon du 18 juin à Filsac à ce propos, et Levot, p. 304, déjà cité.
5. Voy. Les anciens administrateurs du département du Finistère détenus à la maison d’arrét de la commune de Brest aux Comités réunis de Salut public, de Sürelé générale et de Législation de la Convention nationale, 28 yentôse an Il, et Marion : Aux Sociétés populaires du Finistère (Biblioth. du port de Brest). Voy. encore sur ces faits, outre du Chatellier, Levot et Wallon : le Guillon Penanros, L’administration du département du Finistère de 1790 à 179%, p. 416, Les crimes de l’ex-tribunal révolutionnaire de Brest. Paris, an III, p: 25, où l’arrêté des administrateurs du Finistère est présenté Comme motivé par les imperfections de rédaction du décret sur l’embargo, et le Rapport de Jeanbon du 20 juillet à la Convention (Moniteur, t. XVII, p. 191).
Qu'on juge de l'effet produit sur les vaisseaux de Morard de Galles par ces événements ! Peut-être, si on les eût envoyés au loin et à la rencontre de l’ennemi, officiers et équipages auraient-ils renoncé à leurs dissensions, peut-être la fièvre du soupçon se serail-elle dissipée dans l'air vivifiant du large; tout au moins, sevrés des nouvelles de France, ils auraient glissé à l’apaisement. Mais ils demeuraient en croisière dans les parages fixés en mars au capitaine Villaret-Joyeuse, de Quiberon à Groix et Belle-sle.
IIS avaient, on le sait, un double rôle : balayer nos atterrages pour favoriser l’arrivée d’un convoi qu’on attendait de Saint-Domiugue, surveiller la côte pour interdire toute communication des Anglais avec les royalistes de Bretagne et Vendée. La première mission se trouva inutile, nous verrons que le convoi de Saint- Domingue ne vint pas. La deuxième fut-elle remplie ? Oui, dans une certaine mesure, puisque le 1% août la présence de l’escadre entre Groix et Belle-Isle, en imposa à la flotte anglaise de Howe et l’obligea à regagner Torbay; mais plus au sud, par l’île de Ré, par Luçon des bâtiments isolés avaient accès sur le littoral vendéen !, Quoi qu'il en soit, sur une côte inhospitalière, sans autre refuge que Lorient, Morard de Galles pouvait se trouver réduit, s’il se préseutait un ennemi audacieux et supérieur en nombre, à s’échouer ou à se jeter dans la baie de la Vilaine, comme jadis M. de Conflans ?. D'ailleurs, pour effectuer les deux opérations contraires qui lui étaient prescrites : éclairer le large et longer le rivage, l'amiral français élait assujetti à des allées et venues incessantes. Il s’en acquittait consciencieusement, semble-t-il *, quoique Jeanbon l’accuse de s'être éternisé au mouillage de Quiberon; mais, c'était là une faction monotone qui lassait officiers et équipages, une faction sans profit, car bien rares élaient les marchands ennemis qui passaient à portée. Cette faction étail-elle interrompue pour relâcher à Belle-Isle, pour embarquer des vivres à Quiberon, états-majors et marins se trouvaient en contact avec des populations fanaliques et royalistes *, et les nouvelles politiques leur parvenaient en rumeurs amplifiées et dénaturées par la malveillance ou l'éloignement. Aïnsi l’escadre était en croisière, et pourtant elle demeurait oisive et inutile, comme la flotte de la Méditerranée naguère dans la rade de Toulon; elle avait quitté son port d'attache, et cependant, comme
1. Kerguelen, p. 288, Précis de la conduite de Justin-Bonaventure Moræ4 de Galles, BB# 20, folios 43 verso-46 verso; Rapport Jeanbon ; BB# 20, folios 201-203, dénonciation anonyme. fé