‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 432 sur 889 · Rapport Jeanbon, rapport Marec · texte numérisé non relu

Rapport Jeanbon, rapport Marec

5. Rapport Jeanbon, Défense de Boissauveur, 8 p. in-8. (Biblioth. du port, Brest); . défense d'Élie Martret, Brest, 19 brumaire an 111 (BB# 20, folios 76-84); rapport Marec du 13 ventôse, an I, faisant justice de ces assertions. Lemarant-Boissauveur (Guillaume-Marie), né à Paimpol en 1744, lieutenant de port à Brest en 1790, chevalier de Saint-Louis, lieutenant de vaisseau sur la liste de 1791, réintégré en l'an I, directeur du port à Rochefort, chef militaire au Hâvre en l’an VILL, revient à Brest en 1501, retraité comme chef d'escadre et officier de la Légion d'honneur en 1814 (Levot, p. 121, note, et p.388, note 2: les deux notes présentent des contradictions, que nous mavons pu concilier, n’ayant pas eu communication du Dossier Boissauveur). Un Préville Martret figure sur l'Etat de 1790, comme sous-lieutenant du 14 septembre 1787.

6. Lettre de Tréhouart à Bréard du 25 septembre, envoyée par Bréard au Comité de Salut publie, le 27, citée plus loin dans le texte et donnant les motifs des équipages. Elle est confirmée par Lebourg, Prisset, Crevel, Baron, meneurs de l’insurrection, ils ont assuré plusieurs fois « qu’il y avait eu bien du malentendu dans cette affaire, que tous les matelots n’avaient eu d'autre intention que celle de contribuer à

naient comme Jui, et les fédéralistes inquiets de ce qui se Data à

Brest n’élaient sans doute pas fâchés d'y revenir, les intrigants, les

ambitieux travaillaient les esprits ‘.

Ce n’est pas de Za Côte-d'Or, comme le dira plus ot Jeanbon, que

partit la révolte. En réalité, l'insurrection commença sur l'Auguste el à l'instigation de Kerguelen.

‘ Le 13, de son propre aveu, Kerguelen envoya au vice-amiral une

NO conduite par l'enseigne Crevel et l’aspirant Baron, «moyen de gagner du temps et de calmer l’effervescence » assuret-il, et, à l'en croire, il tint à ces deux officiers l’allocution suivante :

« Mes enfants, je ne m’oppose pas à ce que vous alliez, quelques-uns: de vous, saluer le général avec le respect qui lui est dû et lui faire

connaître le besoin que vous avez de hardes »; d’après Crevel et Baron, il leur aurait dit : « Mes amis, députez quelques-uns de vous au commandant, je chargerai vos députés d’une lettre dans laquelle

je lui ferai part de vos justes inquiétudes. » Nous ne savons si la

lettre fut écrite, mais les deux officiers, dans toutes leurs dépositions ultérieures, ont affirmé n’avoir été que les agents du contre-amiral, et lui-même a mis plus tard un acharnement étrange à les couvrir ?. Leur attitude devant Morard de Galles prouve du reste qu’ils se sentaient soutenus par une puissante complicité : Crevel fut effectivement de la dernière insolence avec l’amiral. À leurs sommations de revenir à Brest, Morard de Galles répondit par des reproches indignés et par la déclaration qu’il ne rentrerait que sur l’ordre du gouvernement. Mais à la députation de l’Auguste succéda une députation du Suffren qui entraîna dans la révolte l'équipage du vaisseau amiral lui-même, et trois officiers du Tourville, Lebourg, Clément, Prisset portèrent à bord des autres navires et firent signer une pétition Le demandait le retour au port *.

Dans la nuit du 13 au 14 des canots allèrent d’un vaisseau à l’autre porter la nouvelle, fausse de tous points, que Landais aurait fait

sauver l’escadre sur le sort de laquelle ils avaient conçu de grandes inquiétudes depuis la nouvelle fâcheuse de la trahison de Toulon » (BB* 20, fol. 314). Sur l’opinion de Beaussard, voy. pièces justificatives du Rapport.-Jéanbon, pp. 71-73.

1. Sur l’action de l'intrigue, les rapports de Jeanbon et Marec concordent. Jeanbon y revient dans sa proclamation aux marins du 6 brumaire an II. Voy. plus loin son opinion sur Kerguelen.

. 2. C'est Jeanbon qui place les éebuts de l'insurrection sur la Côte- d'Or dans son rapport. Sur le rôle de Kerguelen, voy. BB*, 20, fol. 169 et 170, Détail de ce qui s’est passé à bord du vaisseau P'Auguste, maintenant le Jacobin, relalivement à l’insurrection de Quiberon et opinion sur ses causes, Brest, 15 messidor an II, par Ker-

guelen (BB#, 20, fol. 171-174), et Un mot de vérité ou Renseignements donnés par:

Y. J. Kerguelen (BB#, 20, fol. 155-162), défense de Crevel (BB#, 20, fol. 186-188); lettre de Crevel et Baron (BB#, 20, fol. 165), lettre de Crevel à Jeanbon (BB*, 20, fol. 175-181); dénonciation de Crevel et Baron par Morard de Galles à Tréhouart (BB#, 20, fol. 183); lettre de Kerguelen à Morard de Galles pour excuser ses deux subordonnés, bien étrange (BB#, 20, fol. 182).

3. Morard de Galles au ministre le 15 septembre (c'est sa 2e lettre de ce jour, Rap-

port Jeanbon, pièces JURA PP 99 61 ; lettre de Clément du 9 ventôse an IT:

(BB#, 20, fol. 268).

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fusiller sur la Côte-d'Or quatre des mutins !. Le 14, ce fut Beaussard qui se présenta sur le vaisseau amiral à la Lête d’une députation de la Côte-d'Or, $es acolytes et lui se répandirent dans les entréponts pour travailler l'équipage qui étaitdéjà en pleine insubordination; la délégation rassemblée à grand’peine et amenée devant Morard de Galles, Beaussard lut un papier qui demandait aussi le retour à Brest et prétendait justifier l’insurrection, Morard de Galles prit le papier, vit qu'il ne portait aucune signature et invita Beaussard à y apposer la sienne : € Pas si bête », répliqua le caporal ?. Dès quatre heures du matin, sur sept navires, les équipages s'étaient portés à la mâture et avaient hissé les huniers pour commencer l’appareillage, s’encourageant les uns les autres par ce propos : que seuls les aristocrates ne voulaient pas rentrer à Brest. Les capitaines, Thomas particulièrement, les laissaient faire *. Morard de Galles, accompagné de Kerguelen et Landais, se rendit sur chacun des bâtiments insurgés, harangua les mutins, leur rappela qu’ils n’avaient jamais eu à se plaindre de lui, leur parla du devoir: et de la patrie, les pressa d’obéir; ni meuaces, ni clameurs ne l’émurent, et il montra un courage, une dignité à laquelle Jeanbon a cru devoir rendre hommage “. Il parvint à ébranler les matelots, mais sur ces esprits éperdus d'inquiétude et de soupçon ses exhortations ne pouvaient faire une impression durable. 1l le comprit, il eut peur que les huniers fussent hissés à nouveau, que plusieurs des bâtiments partissent en affaiblissant l’escadre par leur défection et en s’exposant à se faire capturer individuellement *. Ses appréhensions étaient-elles justifiées ? quelquesuns des mutins ont soutenu qu’ils voulaient simplement mettre à la voile pour ne pas attendre l'ennemi dans la baie de Quiberon, qu'ils ne songeaient pas à revenir à Brest, mais c’est plus tard, et pour se disculper qu’ils ont parlé de la sorte 5; peut-être l'amiral aurait-il dû suivre les ordres du gouvernement, aller au convoi hollandais avec les navires restés fidèles, les autres auraient suivi’? il est aisé, postérieurement aux événements, d'assurer qu’on aurait pu les conduire!

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