‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 446 sur 889 · Lettre du 18 vendémiaire, déjà citée · texte numérisé non relu

Lettre du 18 vendémiaire, déjà citée

‘un des bâtiments les plus troublés !. Jeanbon s'y détermina par ce raisonnement qu’un chef habile et énergique possède sur ses hommes un certain empire, opinion conforme à celle de Villaret-Joyeuse, et dont celui-ci avait démontré, par sa propre conduile, la vérité. Néanmoins Jeanbon aurait voulu faire exception à cette règle pour Bruix de l’Indomptable dont il souhaitait le maintien. Il y fit réellement exception en gardant le capitaine de ? Achille, Bertrand Keranguen, et celui de la frégate la Carmagnole, ‘Zacharie Allemand : le premier mourra en brave à la bataille du 13 prairial an I[(1<" juin 1794), le second sera un des amiraux de l’Empire ?. Nous ne nous expliquons pas pourquoi furent écartés Terrasson, commandant du Juste, bâtiment resté dans le devoir, et le capitaine De Mons du Sans Pareil, vaisseau arrivé le 20.septembre seulement à l’escadre, et qui s'était convenablement comporté *, ni le motif du maintien de Langlois, capitaine du Tourville dont les officiers s'étaient jelés des premiers dans la révolte et qui lui-même ne justifiera guère dans la suite la faveur dont il fut l’objet. De même, parmi les lieutenants, tandis que Elie Martret du Terrible fut gardé en prison préventive pour avoir, soi-disant, fait venir un joueur de biniou sur le vaisseau le 13 septembre, La Palisse, son collègue, d’origine nobiliaire et qui était

inculpé de violents propos sur le vaisseau Le Révolutionnaire

fut élargi après quelques semaines d’incarcération et envoyé à Toulon en qualité de capitaine *. Un autre, Delmotte, était accusé par Lucadou, Jeanbon le fit major général de l’armée ‘. Faye, autre lieutenant chargé des mêmes inculpations que La Palisse, ne semble pas avoir été inquiété, et Gueritau du Neptune, accusé de rébellion et détenu par ordre de Bréard et Tréhouart, fut rétabli dans son grade par Jeanbon f. Emond, capitaine d'infanterie, en garnison sur /’Auguste, était signalé comme ayant montré peu d’euthousiasme à l’idée d’une bataille, il n’en fallut pas plus pour

le faire jeter et retenir en prison *. Sur cinq enseignes, Clément,

1. Labatut est destitué par arrêté des Représentants du 6 brumaire (AF17 296), les précédents le sont par l'arrêté du 17 brumaire, déjà cité. La lettre de Tréhouart du 85 septembre qui donne la liste des bâtiments insurgés cite parmi eux Le Suffren, capitaine Obet, ta Révolution, capitaine Trinqualeon. Ces officiers disparaissent de l’escadre, mais Obet a dû être mis en service ailleurs, et Jeanbon rendra un commandement à Trinqualeon en prairial de l’an IL.

2. Nous donnerons au ch. xvin, les notices biographiques des officiers qui figurent aux combats de prairial. Zacharie Allemand, né à Port-Louis en 1762, mousse volon- ‘taire dans l’escadre de Suffren, lieutenant de frégate, sous-lieutenant de vaisseau du -8 octobre 1787, lieutenant de troisième classe en 1791, venait avec La Carmagnole, frégate, de faire de nombreuses prises, contre-amiral en 1805, vice-amiral en 1809, retraité en 1814, rappelé en 1815, retraité de nouveau en 1816, mort à Toulon en 1826 (Levot, Biographie bretonne, État de la marine de 1790 et Liste de 1791).

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