‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 445 sur 889 · ES EP A NS SEM RE PIE ET PTS · texte numérisé non relu

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pays à Auxonne, sur sa demande, et nous verrons que si la Terreur vint l’y relancer, Jeanbon n’en fut pas responsable. Nous avons constaté que notre conventionnel ne s’abusait pas sur les mérites de Landais. Sans avoir percé à jour les intrigues de Kerguelen il devina en lui les ambitions malsaines et l’exclusif souci des campagnes fructueuses qui distinguaient trop souvent les officiers du grand corps, la conduite ultérieure du contre-amiral confirmera le juge-

ment du Représentant, et en l’an IX, dans ses Guerres maritimes, Kerguelen dispensera l'éloge et le blâme à ses anciens collègues suivant la part qu’ils auront prise à sa fortune. Marec lui-même approuve la disgrâce de Thomas, et, comme le dit Jeanbon, l’ancien régime eut rendu cet officier osent des avaries commises dans la nuit du 6 août sur son bord.

Ce que Jeanbon a cru être la vérité, il l’a obus sans qu'aucune considération l’en empêchât. Il a stigmatisé les intrigants qui, sous prétexte de républicanisme et dans l'espoir de prendre la place de leurs supérieurs avaient fomenté la révolte, et les trois officiers du Tourville qu'il traduisit au tribunal révolutionnaire élaient de cette catégorie. Et dans ce rapport qui fut imprimé, qui fut publié, Jeanbon déclara mauvaise la station que le ministre avait assignée et maintenue à l’escadre, que le Comité de Salut public avait acceptée au-dessus du ministre ; Jeanbon, aux heures où le Comité de Salut public se trompait ainsi, le 4 août et le 15 août, était loin de Paris, il n’avait point participé à la faute de ses collègues, en la signalant il montrait vis-à-vis d'eux du courage. On comprend que le Comité de Salut public n’ait fait à la Convention aucune communication sur le rapport de Saint-André t.

-Dans la suite, toujours à propos de l'affaire de Quiberon, Saint- André prononça des destitutions nouvelles, sur le bien fondé desquelles il est difficile de se prononcer, car nous n’en avons pas la série complète et les dossiers des officiers frappés ne nous ont pas été communiqués au Ministère de la Marine. Toutefois, on peut rappeler quele Représentant avait écrit au Comité de Salut public que les meilleurs capitaines étaient ceux dont les équipages s'étaient montrés le plus dociles ?, et l’on voit qu’effectivement il garda les capitaines du Tigre Van Stabel, de l’Audacieux Bouvet, de /’Aquilon Henry, du Téméraire Doré, du Trajan Villaret-Joyeuse, du Neptune Tiphaigne, de l'Impétueux Lévêque, marqués par Tréhouart comme n'ayant point eu à réprimer d’agitation à leur bord, tandis qu’il destitua, non seulement Kerguelen, Thomas, Duplessis-Grénedan, Boissauveur, Lelarge, Morard de Galles et Bonnefous, qui commandaient respectivement l’Auguste, le Northumberland, la Côte-d'Or, le Superbe, la Bretagne, le Terrible, mais le capitaine Labatut de la Convention,

1. Il ne fut pas fait par le Comité de Salut public de rapport sur l'affaire, et la Convention, par suite, ne s’en occupa point (séance du 15 brumaire, le rapport envoyé à la Convention par Jeanbon est renvoyé au Comité de Salut public, Procésverbal, t. XXIV, p. 329).

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