Levot, p. 123. La lettre est de Le Kranceq
4. Jeanbon et Bréard au Comité de Salut Public, 7? brumaire (AFw, 296, Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VII, p. 83), ils ajoutent : « nous verrons bientôt s’il en est digne ». Jeanbon, dans sa Réponse à la dénonciation des ciloyens de la commune de Brest, se glorifie d’avoir conservé Villaret malgré son origine nobiliaire. Voy. dans Chroniques de la marine française, par Jules Lecomte et Fulgence Girard, Paris, 1836, 2 vol. in-8, sur la nomination de Villaret par Jeanbon, un récit assez intéressant, mais absolument dénué de preuves (t. I, p. 98). Lecomte dit avoir recueilli des témoignages contemporains, lui-même débuta comme aspirant sur la flottille de Boulogne.
5. Né le 23 avril 1753, à Lorient, a servi du 1er janvier 1765 au 30 juin 1782, avec des intermittences, sur les bâtiments de la Compagnie des Indes et de l'Etat comme
- enseigne auxiliaire, enseigne le 1° juillet 1782, lieutenant du 1°r mai 1786, capitaine
en 1793, vicé-amiral en juillet 1816, retraité le 91 octobre 1817, mort le 20 juillet 1832 (Arch. de la marine. Dossier Bouvet). La Biographie bretonne le dit cousin de Pierre Bouvet, le capitaine du Patriote, elle ajoute que, destitué par le Directoire à la suite
532 j MISSION DE JEANBON A BREST
d'Amérique, accueilli dans l’organisation de Castries comme souslieutenant de vaisseau, lieutenant en 1792,.capitaine en 1793, montagnard exalté, ne restera pas à Brest; chargé par Jeanbon de limportante mission de reconstituer la marine de Toulon après la reprise de cette ville, il s’en acquittera dignement‘. Pierre Van Stabel, né le
9 novembre 1744, passé du commerce sur les vaisseaux de la Com-
pagnie des Indes, entré en 1779 comme officier auxiliaire dans la marine royale, après s'être distingué dans la guerre d'Amérique avait été versé comme ancien sous-lieutenant dé vaisseau dans le service des classes ; replacé dans les cadres en qualité d’enseigne entretenu par la liste de 1791, capitaine en février 1793, il avait avec la frégate la Thétis, ensuite avec le vaisseau Le Tigre fait quantité de prises, puis avait maintenu ses subordonnés dans l’obéissance à Quiberon et Belle-Isle. Roturier, Dunkerquois et bon corsaire comme ce Jean Bart qui était le héros ‘des révolutionnaires, assez ambitieux, très avisé, il avait dû toul naturellement attirer lés regards de Jeanbon, et nous le verrons effectivement remplir à son honneur toutes les missions qui lui seront confiées ?. Coruic-Dumoulin élait le cousin de Cornic-Duchêne, c’est-à-dire
d’un des plus méritants et des plus méconnus parmi les officiers bleus de l’ancien régime. Mousse à neuf ans, volontaire dans la marine royale en 1746, rentré au service du commerce en 1763 après sept combats, revenu sur les vaisseaux de l’État durant la guerre d'Amérique et chargé de l’escorte des convois, mission dont il s'était merveilleusement acquitté, puis versé au service des classes et traité en intrus par le grand corps, capitaine en 1793, Dalbarade en avait fait son adjoint au ministère en avril. Il connaissait à merveille les
de l'expédition d'Irlande, il fut rétabli dans son grade par Aopase en février 1802, puis nommé préfet maritime à Brest.
1. Né à Louisbourg (Canada) le 29 janvier 1752, pilotin, aide-pilote, do pilote, premier pilote, lieutenant de frégate pour une campagne, premier pilote de 1764 à 1788, sous-lieutenant de vaisseau le 28 mars 1788, lieutenant en février 1792, capitaine le 10 février 1793, vice-amiral le 22 mars 1796, retraité le 27 décembre 1814, mort le 1er décembre 1820 (Arch. de la Marine. Dossier Martin). Préfet maritime à Rochefort et comte de l'Empire, rayé des cadres par la deuxième Restauration, reçut cependant quelques années plus tard la retraite de vice-amiral, mourut à Rochefort, ajoutent les
Gloires maritimes. Voy. sur lui Précis historique sur la vie et les campagnes du -
vice-amiral comte Martin, par le lieutenant de vaisseau Pouget, son gendre. Paris, 1853, un vol. in-8. Voy. Levot, p. 156, note 1, la lettre qu’il écrira de Rochefort, 24 nivôse, à Jeanbon pour applaudir à l’arrivée à Brest de Hugues, l’accusateur du tribunal révolutionnaire. Sur sa. nomination à Toulon, voy. la suite et Rapport des Représentants envoyés à Brest, p. 10.
2. Navigue au commerce de 1758 à 1778, s'empare d’un corsaire anglais en 1781 dans un combat où blessé il continue à donner ses ordres, lieutenant de frégate en 1782, chargé du service des convois dans la Manche. Il forcera sans tirer un coup de canon les passes de l'Escaut en 1796, mourra à Dunkerque le 10 germinal an V (30 mars 1797). Gloires maritimes, Guérin, pp. 881 et 335, note 1. Foucart et Finot, La défense nationale dans le Nord, Lille, 1893, 2 vol. in-8, t. I, p. 681. Voy. aussi Rapport des Représentants envoyés à Brest, p. 10. Sur son ambition, voy. ch. xx, son attitude à l'égard de Jeanbon après la bataille navale du 13 prairial.
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côtes de France. Aussi va-t-il être rappelé à Paris pour préparer la tentative de débarquement en Angleterre !.
Nielly, né à Brest en 1751, mousse, pilotin, timonier au service de l'Etat, l’avait quitté par dégoût de ne pouvoir arriver aux grades ; capitaine au long cours en 1775, fait prisonnier durant la guerre d'Amérique avec son navire de commerce, il s'était évadé de Jersey avec une audace inouïe, lieutenant de frégate attaché à l’escorle des convois, sous-lieutenant de vaisseau du 1e mai 1786, lieutenant de 3° classe sur la liste de 1791, capitaine commandant la frégate /a Résolue en 1793, c'était un vrai loup de mer dont nous aurons à louer la conduite à la bataille du 13 prairial ?.
Quant aux capitaines, sur les vingt et un qui commandaient les vaisseaux de Morard de Galles, six élaient maintenus, dont trois élaient incontestablement capables, Bertrand Keranguen, Lévêque, Henry, le premier ancien sous-lieutenant de l’organisation de Castries du 1° mai 1786, les deux autres lieultenants de port avant la Révolution *. Douze frappés ou écartés, trois promus contre-amiraux (Villaret, Bouvet, van Stabel) devaient être remplacés, et il fallut aussi pourvoir au commandement des trois navires venus de Toulon, et de quelques autres qu’on armait en rade. Les représentants firent passer sur des vaisseaux les capitaines Thévenard et L’'Hamel, commandants des frégates de l’escadre, Dordelin, naguère commandant de la frégate l’Engageante *. Le premier était fils du vice-amiral, il
1. Pierre-François Cornic-Dumoulin, natif de Bréhat (Côtes-du-Nord), embarqué depuis l’âge de neuf ans, volontaire en 1746, lieutenant auxiliaire en 1751, pilotin surnuméraire au service de l’État en 1755, second capitaine au service de l’État en 1756, second lieutenant en 1761, second capitaine en 1762, capitaine commandant au commerce en 1763, « dans l'intervalle de 1746 à 1763, il fut détenu prisonnier de guerre pendant deux ans et essuya sept combats dont trois très remarquables », lieutenant de frégate le 13 juillet 1783, commande un paquebot entre la France et New-York du 5 septembre 1783 au 28 juillet 1785, attaché au service des classes à Morlaix le 7 avril 1786, admis à la retraite le 26 janvier 1787, passé au service des classes à Tréguier du 21 avril 1788 jusques et y compris l’année 1790, capitaine de vaisseau de troisième classe en 1793, contre-amiral par ordre des Représentants le 24 octobre, commandant d'armes à Port-Malo de prairial an IT jusques et y compris prairial an VIT, admis au traitement de réforme en l’an VII, mort le 21 germinal an IX (10 avril 1801). (Arch. de la Marine, Dossier Cornic). Cette notice est bizarre, il parait étrange que Cornic soit second capitaine en 1756, puis second lieutenant en 1761, et lieutenant de frégate en 1783. D’après la Biographie bretonne, Cornic était né en 1731, fut chargé du service des convois durant la guerre d'Amérique à cause de sa connaissance des côtes. Les Révolutions de Paris de Prudhomme, dans le n° 216, du 1er au 9 frimaire an II, disent de lui « ancien officier de la marine marchande qui était depuis entré dans celle que l’on distinguait par le mot proscrit « royale » où il ne put rester par les menées et l” intrigue qui conduisaient l’esprit de ce corps » (t. XVII, p. 258. Bibl. nat. Le?, nv 171). Sur son rappel à Paris, voy. Rapport des Représentants envoyés à Brest, p.10.
8. Gloires Maritimes, Etat de 1790 et Liste de 1791. Nielly fera partie sous le Directoire de l’expédition d'Irlande, préfet maritime sous l’Empire, révoqué en 1804 par la haine, de Decrès, nommé baron et vice-amiral honoraire par la première Restauration, mort à Brest en 1833 (Gloires Maritimes).
3. Etat de 1790, Liste de 1791, le premier lieutenant de 3: classe, et les deux autres lieutenants de 2° classe en 1791, Henry chevalier de Saint-Louis. Henry sera bientôt commandant des armes à Lorient.