‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 483 sur 889 · CHAPITRE. XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE. XIV

Les Vendéens en marche sur Granville, Jeanbon envoyé aux côtes de Cherbourg et Prieur de la Marne à l'armée de Rennes. — Voyage de Jeanbon de Brest à Coutances, secours qu'il fournit à Granville. — Situation du département de la Manche, l’armée des côtes de Cherbourg et son général Sepher, avis de Jeanbon sur la position; échec du général Tribout à Pontorson. — Jeanbon porte l’armée de Sepher de Coutances sur Avranches, tournée du Représentant dans la Manche, défaite de l’armée de Rennes à Dol et Antrain. Jeanbon lui amène à Rennes l’armée des côtes de Cherbourg et destitue Sepher. — Mesures de Jeanbon pour la défense du Cotentin, mesures de sûreté générale. Séjour à Cherbourg : mise en défense du littoral, coup-d’œil sur la marine, répression des hébertistes. — Dissensions religieuses à Cherbourg à propos du culte de la Raison, opinions précédentes de Jeanbon sur la question religieuse, attitude de ses partisans à Montauban, son attitude à Cherbourg, proclamation du 21 frimaire, an II (11 décembre 1793). Ses craintes momentanées sur un retour des Vendéens et une descente des Anglais, les Chouans. Rentrée de Jeanbon à Brest, son passage dans les chantiers de la marine de Saint-Malo, il se plaint que les agents de la marine en dehors de Brest échappent à sa surveillance.

L'entrée de l’armée vendéenne en Bretagne avait déjà, au commencement de brumaire, obligé Prieur de la Marne et Tréhouart à quitter Brest pour aller comprimer les paysans du Morbihan surexcités par cette nouvelle ‘. Le départ de Jeanbon correspondait à un nouveau progrès des troupes catholiques royales. Après avoir traversé la Loire inopinément, laissant loin derrière eux les armées de Mayence et de l'Ouest qui n’avaient pas su leur barrer le passage, les Vendéens surprenaient les deux armées des Côtes de Brest et des Côtes de Cherbourg en pleine désorganisation, au moment où, affaiblies par les garnisons expédiées aux ports et aux stalions des côtes, elles se reconstituaient par l’encadrement des contingents de première réquisition ?. La première, commandée par Rossignol à Rennes, ne comptait qu’un faible effectif; la seconde, deslinée naguère à la tentative sur l'Angleterre, était en deux portions, l’une à

1. Prieur est parti de Brest le 29 vendémiaire (Jeanbon au Comité de Salut public, 30 vendémiaire, AF11 102, Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VIL, p. 542). Trébouart, lui, va à Belle-Isle (AF11268, Marine BB% 38, fol. 450 sqq.). Jeanbon s'était déjà, étant au Comité de Salut public, occupé de la guerre de Vendée, c’est lui qui, le 11 juillet, la qualifiait à la Convention de « cancer politique » (Moniteur, t. XVII, p. 107).

2. Le décret du 27 septembre avait mis à la disposition du ministre de la guerre les jeunes gens de la première réquisition, mais celui du 9 octobre avait permis d’en distraire momentanément ceux qui étaient nécessaires à l’ensemencement des terres.

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