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SON RETOUR A BREST PAR SAINT-MALO

térait à son successeur Gohet Duchesne qu’il nommait capitaine de vaisseau, l'ordre d'aller combattre le convoi ennemi !.

Mais après avoir séjourné le 24 frimaire à Laval les Vendéens se retirèrent par Craon vers la Loire. A cette même date du 24 frimaire, l’escadre anglaise de Jersey, sans nouvelles de ses alliés, revint à Portsmouth et ne laissa dans l’archipel anglo-normand que la division de Saumarez ?. Informé du premier de ces faits et non du second, Jeanbon continua les préparatifs de résistance. D'ailleurs, un nouvel ennemi, d'apparence moins redoutable il est vrai, prenait la place des Vendéens dans l’intérieur du pays. Beaufort averlit le Représentant, qui transmit la nouvelle au Comité de Salut public, de la présence, entre Fougères et Vitré, d’un noyau de rebelles, « les Chouïins ». C’étaient les Chouans, dont les brigandages avaient commencé en août 1792, mais que Puisaye venait d'organiser. Le 28 frimaire, Jeanbon chargea Beaufort de netloyer le pays de ces bandits. Il ne se doutait pas qu'ils prolongeraient la résistance pendant plusieurs années *.

En apprenant que les Vendéens s’éloignaient décidément vers ‘le Sud, Jeanbon reprit la route de Brest. Le 29 frimaire (19 décembre), il repassait à Saint-Malo. Il y resta deux jours, nommant un étatmajor à une corveitle anglaise”capturée par la frégate la Carmagnole, livrant à la commission révolutionnaire un matelot qui avait crié « Vive Louis XVII » #, inspectant à nouveau la marine.

Ce rapide séjour lui permit de voir combien il était difficile, dans la pénurie de toutes ressources, de confier des travaux à l’entreprise. Un certain Tressegain de Saint-Malo avait obtenu du ministre la construction de quatre corvetles, le Représentant s’assura que cet

omme, hot r l in nstructeur, n'avait de : homme, horloger de son métier et point construct ’avait d

bois que pour un bâtiment, qu’il voulait prendre le bois réservé pour des frégates et faisait des conditions onéreuses : « On te trompe et je t’en avertis, écrivit-il à Dalbarade, nous allons donc faire des corveltes avec du bois de l’échantillon des frégates, et la science des copeaux va se perfectionner », et Jeanbon ajoutait ces paroles sur le sens desquelles le ministre ne pouvait se méprendre. « J'ai dû l’avertir... parce que je ne veux point que l’on ait des motifs de t'incul-

1. Guerre : armée des côtes de Cherbourg; AFn 268; Levot, p. 165 note ; BB 21, fol. 252.

2. Jeanbon au Comité de Salut public, Coutances, 26 frimaire (AF1 268, Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. IX, p. 448), Hettier, ch. 1v. Jusqu'au 14 nivôse (3 janvier), Saumarez sur la frégate Crescent essaie de communiquer avec la côte du Cotentin. à

3. AFu 268; Aulard, t. IX, p. 490. Jeanbon au Comité de Salut public, d’Avranches, 28 frimaire. Sur les « Chouins », voy. Jeanbon au Comité, 23 frimaire et 28, et AFu 268; sur leurs débuts dès août 1792, voy. Chassin, La préparation de la guerre de Vendée, t. II, pp. 524-531; Mémoires de Puisaye, 1803-1806, 6 vol. in-8, etc.

4. Jeanbon au Comité de Salut public, Avranches, 28 frimaire; au même, Saint- Malo, 1er nivôse (BB? 38, fol. 34, Aulard, t. IX, p. 564). AFn 26, 294, BB 38, fol. 31. La commission de Saint-Malo a été reformée par Tréhouart, le 10 frimaire (Lemas, op. cüil., p. 11). M. Lemas ne nous dit pas ce que devint ce matelot.

per » !. Il eut aussi l’occasion d'observer et de déplorer l'oisiveté des marins retenus à terre par l’embargo ?. Il-écrivit enfin à ses col-

lègues du Comité qu'à ses demandes de renseignements les agents

de la marine dans les différents ports de la Manche n’avaient répondu

qu’à regret, que le chef principal du Havre ne s'était pas même

donné celte peine. « Cependant, pour remplir la mission que vous m'avez donnée, il faut que je puisse saisir l’ensemble des moyens que présentent tous les ports de la République, afin de tout ramener au point principal quiest Brest“. »

C’est sur ces paroles que l'on peut clore l'exposé de sa mission dans la Manche. Il était parti pour une quinzaine de jours, croyait-il, avec la mission officielle de défendre les côtes de Saint-Malo à Cherbourg contre les Anglais et les Vendéens, et se proposant par surcroît de vérifier les ressources de cette portion du littoral pour la reconstitution de nos forces navales. Il avait réussi dans sa mission officielle, en parant du côté de la mer à une descente possible des Anglais, en renforçant dans l'intérieur l’armée de l'Ouest de toute la portion disponible de l’armée des côtes de Cherbourg; il avait aussi comprimé par une surveillance rigoureuse les partisans des Vendéens et des Anglais, c’est-à-dire les contre-révolulionnaires, et par crainte d’en voir augmenter le nombre il avait tenté, sans succès d’ailleurs, de modérer la propagande brutale d’une religion nouvelle qui possédait toutes ses sympathies. Mais son inspection des ports, trop rapide, n’avait pu être bien efficace. D’autre part, son absence s'était prolongée trois semaines au-delà du terme qu'il s'était fixé, et l’œuyre qu'il poursuivait à Brest s’en était ressentie, il en acquit la preuve dès son retour.

1. Jeanbon au Comité de Salut publie, Saint-Maio, 1er nivôse, et à Dalbarade (BB? 38, fol. 33). Dalbarade prit aussitôt des mesures (BB 88, fol. 36). Voy. aussi BK? 7, fol. 105 et BB1 8, fol. 34.

2. Jeanbon à Dalbarade; Leclerc-Sempré à Desforgues, Saint -Malo, 8 et 24 frimaire (Aff. étrang. France. Reg. 328, n° 255).

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