Moniteur, t. XIX, pp. 59 sqq
or Campagne contre le Comité de Salut public le 10, le 20, le 22, le 23, le. 25, le 26 frimaire, le 27 même. Ce sont les ministres qui sont attaqués, mais le Comité de Salut public qui est visé. Sur l'effet du décret du 16, voy. Roux-Fazillac au Sopae de Salut public, déjà cité.
4, Sorel, op. cit., 4e partie, p. 58. Biré, Journal d'un bourgeois de Paris sous la Terreur, t. 1V, p. 181 : « La Terreur, on le voit, n’a plus de prétexte » à propos des victoires des armées.
Granville cherchaient à effectuer leur descente sur un autre. point,
et que l’escadre de Jersey longeait la côle du Cotentin. On
crut saisir des traces d’un complot formé pour allumer dans l’ar-
senal et les magasins de Lorient :un nouvel incendie. Un parlementaire envoyé à Portsmouth contre toute règle de prudence par les agents civils de la marine de Saint-Malo, des papiers saisis dans
cette dernière ville par Le Carpentier augmentèrent les craintes !. Par la Terreur le Comité de Salut public avait eu raison des intrigues et menées précédentes, il revint aussitôt à la Terreur. D'autre part, dans cette fin de 1793, par sou énergie surhumaine le Comité de Salut public avait brisé la ligne d’ adversaires qui en août et septembre étreignait nos frontières, et, le 29 frimaire, Toulon était repris. Mais
notre littoral restait bloqué, la mer appartenait au rival héréditaire
de notre puissance maritime. Le Comité de Salut public voulut avoir
raison des Anglais sur l'Océan comme il avait eu raison de l’Europe ‘
coalisée sur les champs de bataille. Par la Terreur il avait vaincu sur terre, la Terreur lui donnerait la victoire sur les flots. On ne pouvait renoncer à la Terreur qu'après un complet triomphe, et la République n’avait encore triomphé que sur le continent ?.
Aussi du 7 au 12 nivôse (27 décembre 1793-1° janvier 1794), immédiatement après cetté séance de la Convention du 6 nivôse dont nous venons de parler, que fait le Comité de Salut public? il ratifie tous les actes de Jullien dans le Morbihan *. Il écrit à Prieur de la Marne qu'à Lorient le ministre va épurer la marine, Prieur lui-même devra sy rendre pour « réparer par des mesures visgoureuses les maux qu’a faits la faiblesse de Tréhouart,.. nos victoires de Toulon, l’anéantissement de la Vendée et les succès sur la Moselle et le Rhin nous donnent dans le moment un courage invincible et doivent porter l’effroi dans les rangs de nos ennemis... fais punir les traîtres, arrête les personnes suspectes el remonte lout à la hauteur des principes de la Montagne ». Jullien et la Société populaire de Lorient, ajoute-t-il, donneront à Prieur les renseignements nécessaires ‘. Le
1. Se reporter aux dénonciations de Jullien, Guermeur, la commission administrative du Finistère. Voy. le Comité de Salut public à Prieur de la Marne et à Jullien, 13 nivôse (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. X, p. 35). Voy. Chassin, t. III, p. 463 et Verteuil à Desforgues (A. étrang. France, Reg. 328, fol. 207) sur Saint-Malo. Arrêtés du Comité de Salut public du 9 et du 13 nivôse à propos du parlementaire (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. IX, p. 750, t. X, p. 34). Le Comité de Salut public à Le Carpentier, 24 frimaire et 11 nivôse (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. IX, pp. 395 et 778) et à Tréhouart, 8 nivôse (ibid., t. IX, p. 784). Songer que l’escadre de Howe ne rentre dans ses ports que fin frimaire, et qu'a la même époque Saumarez et Mac-Bride longent la côte du Cotentin.
8. La plupart des historiens se désintéressent de la guerre maritime et, hypnotisés par les succès des armées, ils négligent ce fait : que la France avait vaincu seulement sur le continent. Or, il fallait vaincre sur mer, pour dominer l'Océan, pour frapper définitivement l’Anglais; nos triomphes sur le continent ne touchaient qu'indirectement l’Angleterre, comme on le constatait dès ce moment, comme on le verra mieux encore ayec Napoléon.
3. Aulard, Actes du Gomité de Salut public, t. IX, p. 689, 7 nivôse.
4. Voy. cette lettre bien curieuse in extenso dans Aulard, Actes du Comité de