‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 523 sur 889 · Lettre du 8 nivôse, déjà citée · texte numérisé non relu

Lettre du 8 nivôse, déjà citée

échange de Bréard le Représentant Laignelot, Laignelot qui avec Lequinio a fait régner à Rochefort la Terreur: la plus violente. Laignelot avait institué à Rochefort un tribunal révolutionnaire : le Comité le charge d'établir CREER un tribunal révolutionnaire à Brest *.

Parallèlement à ces mesures le Comité de Salut public reprend les projets de réorganisation et d’offensive maritimes qu'il avait adoptés en juin 1793, que l'insurrection fédéraliste, la défense des frontières de l'Est et la révolte de Toulon l'avaient ensuite forcé à ajourner jusqu’en septembre, que l'insurrection Vendéenne transportée en Bretagne lui avait fait délaisser une seconde fois en no-

vembre et décembre. Pour les exécuter il emploiera aussila Terreur. Le 13 nivôse (2 janvier 1794), le Comité écrit en effet à Jeanbon : Il

faut « rendre la clef des mers à la France qui, presque seule de tous les états de l’Europe peut et doit être à la fois puissance de terre et de mer aussi formidable sur l’une que sur l’autre! Toute la politique des cabinets ennemis (el cette politique date de loin) a tendu toujours à voiler cette vérité, à neutraliser celte terrible moilié de notre système politique et commercial. Ils ont été justement alarmés du poids qu'acquerrait alors ce colosse qui est prêt à les écraser. Le Comité de Salut public hâte la résurrection trop ajournée de la marine française ? ». Le lendemain, 14 nivôse (3 janvier 1794), Barère lit à la tribune de la Convention un rapport comparable à celui de Jeanbon du 20 septembre sur les moyens de régénérer notre marine dans la Méditerranée. « Ce n'est pas assez de briser le sceptre des puissances territoriales, il faut encore briser celui des puissances maritimes et affranchir les mers comme vous avez affranchi les terres. » Il ajoute : « La Méditerranée n’est pour la France qu’un grand canal de navigation dont la police peut et doit lui appartenir. » On voit que le gouvernement terroriste réagissait contre la politique trop exclusivement continentale des rois de France, mais que, gardant des traditions de l’ancien régime toutes celles qui pouvaient servir la grandeur de la France nouvelle, il réclamait l’absolue domination de la Méditerranée au nom de l'intérêt du pays comme au nom du principe révolutionnaire de l’affranchissement des mers. Enfin, dit Barère, cet empire des mers que le Comité de Salut public

1. Le 9 nivôse, le Comité de Salut public a nommé Laplanche dans le Finistère et.

les Côtes-du-Nord pour y organiser le gouvernement révolutionnaire (Aulard, Actes du Gomité de Salut public, t. IX, p. 745). Laplanche a écrit à Carrier qu'il ne pouvait accepter cette mission (Aulard, ibid., t. X, p. 520) et, d'autre part, Laïgnelot écrit au Comité de Salut public le 11 nivôse qu’il a reçu sa lettre et part pour Brest Gbid., p. 785). M. Aulard n’a pas retrouvé la lettre du Comité de Salut public envoyant Laignelot à Brest, mais on voit que Laignelot remplaça effectivement Laplanche. Peut-être Jeanbon, ou le souvenir de la lettre qu’il avait écrite au Comité de Salut publie sur Laplanché (voy. le ch. x1v, p. 590), n’ont-ils pas été indifférents à cette mutation. Sur Laignelot, voy. plus loin.

2. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. X, p. 36. On se rappelle que le débarquement en Angleterre avait été prévu dans le plan du 84 juin et par un arrêté du Comité de Salut public du 22 septembre.

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