‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 53 sur 889 · Observations sur un Mémoire de la ville de Cahors · texte numérisé non relu

Observations sur un Mémoire de la ville de Cahors

5. « L'intendance de la généralité de Montauban créée en 1635 comprend depuis 1716 les trois élections du Quercy : Montauban, Cahors, Figeac, et les trois élections du Rouergue : Villefranche, Rodez, Milhau. » Calendrier national, civil et militaire de la ville de Montauban présenté à M. de Trimond, intendant. 1790, p. 41.

6. Montauban réunit une Cour des Aides, une élection, un bureau de finances, un sénéchal présidial, une juridiction consulaire ;... la prévôté, deux bureaux de direction, un bureau principal de recettes. (lun de l'administration des domaines, l’autre de la régie générale), un collège, un hôpital renté (première adresse à l’Assemblée Nationale pour demander que Montauban soit chef-lieu du département, fol. 313 verso Livre rouge neuf. Arch. commun.). Le calendrier national de. Montauban pour 1790 y ajoute un commissaire des guerres et un commissaire des classes de la marine. : 7. Un séminaire dirigé par les Prêtres de la Mission, un couvent de Jacobins, un de Cordeliers, un d’Augustins, un de Capucins, un de Carmes, des frères des Ecoles chrétiennes ; un couvent d’'Ursulines, un de Carmélites, un de Clarisses, la maison d’éducation des Dames Noires (Calendrier national de Montauban pour 1790).

8. Procès-verbaux des réunions des corps de métiers chargés d’élire les députés qui rédigeront leurs cahiers de doléances aux États-généraux, mars 1789. carton 5, série AA. Arch.commun.. Voir sur cette industrie de la laine l'ouvrage de M. Forestié déjà cité. Calendrier national de Montauvan pour 1790, p. 103. Il faut ajouter que . Montauban était la seule ville industrieuse de la région, Toulouse étant éloignée de l'industrie et du commerce « par un préjugé de noblesse », comme le constate la première adresse déjà citée à l’Assemblée nationale pour demander que Montauban soit chef-lieu du département, f 312, v°.

un personnel d'ouvriers considérable. Aussi, parmi les bourgeois, quelques-uns vivaient de pair avec la haute société, par exemple les Vialetes d’Aignan, les plus gros fabricants, inventeurs des étoffes de cadis et dont les élablissements avaient recu du gouvernement le titre de manufacture royale ‘, beaucoup d’autres renonçant à la simplicité d'antan recherchaient à leur tour la vie facile et luxueuse si goûtée des contemporains ; dans les maisons de Villebourbon, audessus des ateliers du rez-de-chaussée obscurs et embués de la chaude vapeur des étuves, le premier étage s’ouvrait en salles claires, décorées de rocailles, de trumeaux, où, en pendant à quelque bergerie, s’étalait sérieux et compassé le portrait du grand industriel.

Le mouvement des idées n’était pas moins actif que celui des affaires, les Montalbanais se piquaient, eux aussi, de vivre au siècle des lumières : à Castres, nous avons cité le salon de Baudecourt, à Montauban les privilégiés se donnaient rendez-vous dans les causeries de l'Académié ?, ou autour de Sainte-Foy chevalier d’Arcq, personnage d’origine mystérieuse, grand faiseur de projets, en qui l’on retrouve du chevalier de Valois de Balzac, et du marquis d’Argenson *, les bourgeois faisaient leurs délices des contes de Voltaire, des derniers écrits de Rousseau, des pamphlets satiriques et licencieux dus à la plume des philosophes ou des jansénistes et qui couraient la France sous le manteau ‘, ils prenaient part à des concours d'Académies, inséraient des bouquets à Chloris dans les gazettes locales. L'agitation intellectuelle était devenue réformatrice depuis qu’en 1779 une assemblée provinciale avait commencé à siéger pour la Haute-Guyenne *, et publiait, en s’occupant avec zèle de leur donner satisfaction, les griefs de tous contre le régime administratif en vigueur : l'avocat Poncet-Delpech, le futur constituant, avait dit son mot sur le fonctionnement de l’Assemblée , l’Académie de Montauban mettait au concours des sujets d'agriculture 7, l’évêque,

1. Forestié, op. cit. p. 18 ; nous les retrouverons mèêlés aux événements politiques et pactisant avec l'aristocratie.

2. Voy.Forestié, La Société littéraire et l’ancienne Académie de Montauban, Montauban, 1888, in-8°. Parmi les membres correspondants de cette Académie : « Barère de Vieuzac, avocat au Parlement » (Calendrier national de Montauban, 1790, p. 109).

3. Sur Philippe-Auguste de Sainte-Foy, chevalier d’Arcq, deuxième fils naturel du comte de Toulouse, exilé à Montauban en 1785, voy. Em. Forestié au Bulletin de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, t. VI, DA0:

4. Voy. ch. Il, ce que nous rapportons de la bibliothèque de Joseph Bosquet, frère de Pascal l’ami de Jeanbon, et Forestié, Notice biographique sur J.-B. Poncet, Montauban, 1890, in-8.

5. Les États de Quercy ont disparu en 1635 par la création de l’Intendance ; un arrêt du Conseil du 11 juillet 1779 établit une assemblée provinciale de la généralité de Montauban siégeant à Villefranche de Rouergue et qui administra remarquablement de 1779 à 1786 (Léonce de Lavergne, Les assemblées provinciales sous Louis X VI, pp. 66-101. Paris, gr. in-8°, 1863).

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